Ad. Frey, p
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qui annonçait eu termes optimistes la première impression produite par Conrad Zurich, mars 1 853).
« Vous me parliez de Conrad avec une si favorable prévention que j'en serais enchantée, si je ne le connaissais pas un peu mieux que vous. 11 a fait sans doute quelques progrès dans le bien; mais quelque réjouissants qu'ils soient, je ne puis les envisager que comme des succès d'avant-poste enlevés un a un avant d'engager le combat principal, et c'est, je le dis avec tristesse, de son cœur qu'il s'agit... Il faut que le vide de ce cœur soit comblé ; car s'il veut aborder une vie nouvelle avec sa volonté pour seule force, sa raison pour guide unique, je doute qu'il persévère, Joignez vos prières aux miennes pour que mon pauvre enfant ouvre enfin les veux cl trouve le secret du bonheur en employant ses facullés pour le bien de son prochain, les développant en vue d'un but pratique et utile, non plus en vue de sa satisfaction personnelle, remplaçant sa confiance en sa propre force par ce qui seul élève et ennoblit l'homme, l'humilité. Le plus grand service que vous pourriez rendre à mon fils, c'est de lui parler dans ce sens, de lui faire bien comprendre que les talents dont il peut être doué ne sont absolument rien en comparaison de l'accomplissement consciencieux du plus simple devoir que Dieu nous a imposé ici-bas. Si Conrad se imitait à travailler, il finirait peut-être par prier, et, vous le savez mieux que moi, ce n'est que par cette voie qu'il arrivera à la véritable convalescence : celle de l'âme1 ». Dans une lettre datée du i- avril, elle écrit : « ... J'attends peu des hommes et beaucoup de Dieu. Je ne ferme pas toutefois les yeux sur les immenses services que vous daignez rendre à Conrad. J'en suis profondément touchée, reconnaissante surtout de ce que vous priez pour lui et espérez avec moi contre toute espérance. J'apprends avec une vive reconnaissance que vous pensez toujours à procurer des leçons à Conrad, et je crois comme vous que pareille
i . Jiil'l . Univ., 1899.
occupation donnerait de la maturité à son caractère et à son jugement; mais je voudrais qu'il le i'il sans demander de rétribution. Quant à l'idée <lc lui l'aire traduire de bons ouvrages français, elle me paraît excellente, pourvu qu'il s'y jiiclte activement et sache résister à la tentation de rêver au lieu de travailler... »
Parlant du séjour de son fils à Lausanne, elle dit, toujours dans la même lettre :
« Je ferai de mon côté ce que je pourrai pour en rendre la prolongation possible ; mais, passé un certain terme, il faudra tâcher d'y pourvoir autrement. Au cas oii Conrad parviendrait à gagner quelque chose, et si le Bon Dieu me conserve ce que je possède, je l'aiderai à se créer une existence modeste, mais honorable. S'il n'y réussit pas, il faudrait le faire revenir à la maison, ce qui serait malheureux, parce que, malgré ou plutôt à cause de ma tendresse maternelle, je suis la personne qui lui nuit le plus...
« Maintenant qwe je vous ai tout dit, j'aimerais encore vous supplier à genoux de ne pas gâter mon fils par une bonté qui pourrait ressembler à celle que M. Godet me reproche *... »
Puis vient une lettre du 24 mai :
« Que de choses n'aurais-je pas à vous demander, et avec quel empressement ne saisirais-je pas votre main pour vous remercier avec effusion de cœur de tout ce que vous faites en faveur de mon pauvre enfant ! Les lettres de Conrad respirent un tel contentement que je n'ose presque pas Bàe livrer à l'espoir de voir ce bon état de choses continuer. Il faut s'attendre à des arrêts, à des reculs môme. Mais en attendant, je suis heureuse de penser que mon fils sait apprécier l'immense bonheur de se trouver près de vous et d'être favorisé de vos excellentes directions. Je ne puis juger ni de son travail, ni de la suite qu'il corn-