‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 35 sur 177 · RENTREE AU FOYER · texte numérisé non relu

RENTREE AU FOYER

séquent, mobile, mais cela n'empêche pas que je jouisse d'un état (.l'âme aussi satisfaisant.

« Veuillez dire à Monsieur votre frère que les douches d'eau froide qu'il a conseillées à mon fils et que ce dernier vient de recommencer, lui font un bien si merveilleux, qu'il travaille, — travaille effectivement, — avec un entrain et une Miite que nous n'aurions plus crue possible. L'humeur de Conrad se ressent de ce bon état de chose, car il est gai, serein, et se livre à l'espoir de devenir peu à peu un membre utile à la société.

« Quant à sa manière d'être, il est par moment encore un peu superficiel et tranchant, mais son intention est bonne, et ses procédés laissent peu de chose à désirer. Est-il besoin de vous dire qu'en remerciant le Seigneur de ce changement de cœur, nous pensons en même temps à vous, chère Mademoiselle, et à Monsieur votre frère, qui avez été les instruments de sa grande miséricorde1 ».

Zurich. le i'\ juin 18Ï4.

« ... Mon fils est dans une disposition d'esprit où tout ce qui lui rappelle le passé le fait frissonner. Ce n'est pas bien, sans doute, surtout quand on considère la chose sous le point de vue chrétien. Si Conrad était tout à fait humble, il n'éviterait pas de se retracer les moments où la miséricorde divine Ta retiré de l'abîme.;. Nous ne sommes certes pas encore arrivés au point que j'avais tant désiré, et il faut donc recommencer à prier Dieu d'achever une œuvre qui n'est certainement que commencée. Mon fils fait cependant quelques progrès; il travaille, et tâche d'être doux et complaisant. Son ennemie, c'est l'imagination... qui l'a fait vivre jusqu'à présent, dans un monde chimérique où les idées se sont succédé avec une telle rapidité que sa pauvre tète m'a souvent fait l'effet d'une lanterne magique.

«■ Son malheur est donc précisément dans son organisa-

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