Inédit
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tion; mais comme il commence à s'en apercevoir et qu'il a la bonne volonté de contrebalancer par un travail consciencieux cl suivi l'extrême mobilité de son esprit, je ne puis renoncer à l'espoir que Conrad parviendra, Dieu aidant, au moins jusqu'à un certain point, à vaincre les obstacles qui se trouvent dans sa nature. Un des progrès, c'est que Conrad n'écoute pas seulement les conseils qu'on lui donne, mais qu'il tâche de les mettre à profit; puis, il aime ce qu'il se complaît à appeler « notre couvent », et mène effectivement une vie qui en est digne. Cette grande régularité a son bon, mais elle a aussi son mauvais côté; car tout en le préservant du contact avec le monde qui augmente son agitation nerveuse, elle l'invite à se plonger de nouveau, dans de trop dangereuses rêveries. Vous voyez, Mademoiselle, que je ne me lais pas d'illusions sur l'état de mon fils, mais que j'ai la convie! ion qu'il faut continuer « à veiller et à prier ». Ne se pourrait-il pas que tout ce que nous avons gagné nous lût retiré?
« Quant au résultat des travaux littéraires de Conrad, ils sont modestes; — mais au moins vient-il de finir la traduction des Récits Mérovingiens; reste à savoir si elle sera acceptée par l'éditeur que M. Vulliemin a bien voulu lui indiquer...
« ... Belsy fait des peintures au pastel qui réussissent et s'occupe beaucoup de son frère qui l'appelle, avec raison, « sa conscience ». Il en résulte une grande sécurité pour moi, quoique je ne me dissimule pas que la tâche n'est pas petite pour Betsy. Heureusement qu'elle est sereine et envisage l'influence qu'elle exerce sur son frère, comme une mission qui lui vient du Seigneur1 ».
Zurich, i5 avril iS">5.
« ... Je continue à remercier le Seigneur du grand changement qu'il a opéré dans le cœur de mon fils. Quant â sa