Ail. Frey, p
auparavant, il écrivait déjà à son ami Félix Bovet : J'ai dessein de traduire en français l'histoire romaine de Mommsen, ouvrage de premier ordre, et qui pour rtre difficile à traduire n'en vaut que mieux. Ce travail, je l'ai entamé de verVe, mais j'y suis arrêté à toul moment, faute de bibliothèque. [1 me faudrait pour y suffire quelque histoire romaine écrite en français et qui me fournît les traductions de termes latins souvenl difficiles a constater [sic] et sujettes à varier, comme vous le savez bien. Le fort de mon auteur étant le droit el la philologie comparée, j'aimerais emprunter à votre bibliothèque quelque histoire des origines du droit romain ou quelque histoire romaine (telle que la traduction en français de Niehbur) et quelques traités de langue latine, où je trouvasse les termes modernes de grammaire comparée. Je vous promets, cela va sans dire, d'avoir soin de vos livres et de vous les rendre au premier mot1. »
Après h' retour d'Italie, ce projet qui. avait sommeillé longtemps, sembla près de se réaliser: les conditions se trouvaient meilleures pour un travail de ce genre ; Conrad avait comme collaborateur chargé de veiller à la correction et à la pureté du français, son ami Alfred Rochal. un Yaudois, privat-docent a l'Université. Les deux jeunes gens travaillèrent avec ardeur: Friedrich v. W'vss les appuya auprès de Mommsen qui leur accorda le droit de traduction. Il ne s'agissait plus que de trouver un éditeur. C'est encore à l'ami de la Suisse française, à Bovet, qu'on (Mit recours.
« Seriez-vous disposé, cher ami, à me rendre un grand service? Le l> Rochat et moi. chaudement recommandés par Fritz Wyss, nous avions demandé l'autorisation à Théo* dore Mommsen de traduire en français sa célèbre Histoire Romaine > vol. in-octavo, 1. p. <>i: II, p. 43o, ; HL P- ^82, Weidmann, Leipzig, puis Berlin, des origines jusqu'à Julefl César). Mommsen vient de nous répondre que, parmi de nombreux concurrents, il incline à nous donner la préfé-
1. Br. 1. p. 1 H'. Lettre de juin [856. 12n français dans le texte, comme toutes les Lettres adressées ■< Bovet.
DERNIERES A.NNEES D INCERTITUDE i ', '',
rence, à condition de lui garantir la publication de noire travail, en d'autres termes, de nous assurer d'un éditeur. Mommsen ayant déjà reçu dos propositions de la pari de plusieurs libraires français, il importé extrêmement de presser cette affaire. C'est une des conditions de sa réussite. Mais, ne connaissant personne ou peu de monde à Paris, nous ne saurions faire les démarches nécessaires auprès \\'\n libraire, que nous serions embarrassés de bien choisir. Auriez-vous l'extrême bonté de nous en désigner un, ou, si j'ose vous demander un aussi gros service, de vous charger vous-même de la négociation? La collaboration d'un Allemand et d'un Français semble offrir des chances de succès. L'Histoire Romaine est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge ; c'est un livre à la fois érudit et palpitant d'intérêt qui occupe les savants et qui amuse le public. Il a paru un article de Taillandier, je crois, dans la Revue des Deux-Mondes qui en parle longuement et que vous aurez remarqué *. »
Bovet indiqua Hachette qui voulut voir un spécimen de l'ouvrage. Conrad et Rochat mirent en commun leurs efforts et envoyèrent à Paris la traduction du passage des Alpes par Annibal. Hachette, au lieu de s'en contenter, exigea, avant de s'engager définitivement, la traduction d'un volume entier. Devant ces prétentions jugées excessives, Conrad abandonna la tâche.
Vers le milieu de l'année suivante (août 1809), Conrad, selon son habitude dans le fort de l'été, monta de nouveau ver- les hauteurs, cette fois accompagné de sa sœur, revenue de Genève six mois auparavant. Ils choisirent l'Engstlenalp, gravirent le Titlis et jouirent ensemble « de la merveille des couchers de soleil s'éteio-nant pour rouo-eover de nouveau dans les champs de neige du Titlis, de la profondeur verte et fraîche de l'Alpe, du son tremblant et perdu dans le lointain des clochettes des dernières chèvres rentrant à l'é-