Lettre à Félix Bovet de décembre 1860. Br. I, p.' 12a
ijo C.-F. MEYER
encore en vie ; mais ceci, d'autre part, me donne précisément l'assurance que j'ai en moi de la vitalité et que le dernier soir n'est pas encore venu. Maintenant j'ai pris la rame en main, j'ai le but devant les yeux ; il s'agit de mettre en œuvre, ma dernière parcelle de force.
« Dans l'adversité, j'ai acquis une volonté. J'ai souvent des heures de paix où je vois clairement ma route, les moyens d'arriver peu à peu, où je vois que toutes les influences du inonde sont impuissantes à développer notre nature. L'arbitraire et la contrainte violente qui ont pesé sur mon passé me sont à moi-même un sujet d'étonnement. Je veux prendre simplement les choses à l'avenir, faire usage de ma volonté quand il le faut, et laisser libre cours à ma nature quand elle y a droit '. »
C'est dans ces dispositions fermes et lucides que Meyer rentra définitivement à Zurich, le 3 janvier 1861. Il y apportait une personnalité neuve.