C.-F. Meyer ne faisait qu'assister à ces tournois. Jamais
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il ne fit entendre sa voix dans la mêlée; elle y eût d'ailleurs été étouffée. Loin de le provoquer à sortir de lui-même, une telle extériorité de geste ne faisait qu'augmenter sa concentration intérieure. Devant ces joutes bruyantes. « il se réfugiait, nous dit sa sœur, dans le plus extrême de sa solitude intérieure1 »; il restait muet et timide à sa place. Sans doute le son de la vie, qui éclatait dans les belles voix sonores des deux interlocuteurs, était-il trop cruel aux oreilles du poète dont, à quarante-cinq ans, le public ignorait jusqu'au nom! Peut-être aussi, comme l'écrit finement sa sœur, était-il de ces natures « d'une organisation trop fragile » qui, mises en contact avec des tempéraments impétueux, « se contractent pour n'être pas violentées dans leur moi intime ». « Pour s'ouvrir lui-même, continue Belsy, C.-F. Meyer avait besoin de sentir un fond voilé de psychologie intérieure chez son interlocuteur2 ».
La galerie des hôtes de Mariafeld l'amusait, mais le maître de maison lui fut directement utile. Il trouva en AN il le un juge littéraire compétent et avisé et, bien plus encore, un appui moral. Notons les deux aptitudes qu'il confesse avoir appréciées en lui : « le réalisme direct dans la conception de la vie » ! et le don de « manier » la pâte humaine. Il écrit le 19 septembre 187 1 à Hermann Hœssel : « ^\Tille est un homme remarquable, une nature ardente, enflammée, — point enthousiaste, au contraire, pessimiste; ayant conserve de son ancienne carrière de journaliste et de politicien, le don de « travailler » [hearbeiten) les hommes, et de les pousser en avant4 ».
Par sa lucidité froide et forte d'homme d'action, par son don d'animateur, Wille prend place dans la série des êtres dont le contact fut bienfaisant pour la débilité maladive de C.-F. Meyer, — de ceux auxquels nous devons la « réalisa-