‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 71 sur 177 · Mein Erstlins : Hutlens letzte Ta°e · texte numérisé non relu

Mein Erstlins : Hutlens letzte Ta°e

202 C.-P. MEYEH

montré en vrai poète, écrivait-il, les replis les plus secrets de 1 ' finie du héros ' ».

Ceri louche un point tout à fait exact à notre sens : l'étonnante intensité de vie que prend la figure de Hutten dans l'œuvre de Meyer. 11 y a quelque chose d'intime, de vécu, dans le portrait du solitaire d'LTenau. Mais ce n'est pas seulement le « vrai poète » en Meyer — pour nous servir des termes de Scherr — qui nous a donné cette note spéciale ; il faut reconnaître ici la collaboration d'un autre élément : l'élément subjectif. Le critique de 187 1 , bien excusable. a<j connaissant pas personnellement l'auteur, n'a pas vu le li<n de congénialité secrète qui attirait Meyer vers cet humaniste batailleur du xvie siècle, si loin de lui pourtant en apparence.

C.-F. Meyer a un jour écrit à Adolphe Frey. — « Httttni est plus intime que toute mon œuvre lyrique réunie2. »

Il a écrit une autre fois à Louis Vulliemin , avec réserves auxquelles il nous a déjà habitués : « Mon Hutten a bien aussi sa petite histoire intime mais qui n'est bonne comme la vôtre que racontée à mes petits enfants s. »

Qu'est-ce qui a attiré Meyer vers Hutten? Le poète nous a dit lui-même que le côté par lequel cette rude figure d'humaniste « avait gagné son cœur » (Meinem Gefùhle nahe trat) c'était non point les « luttes héroïques pour la liberté », mais « le silence de la (in du héros s 'éteignant dans le doux crépuscule de son île ». Ceci est caractéristique! D'instinct, l'abandonné, le mélancolique qu'est Meyer va chercher dans Hutten son frère en solitude1, en dénuement moral. Dans la s ie de son héros, ce a'esl point la période d'éclat, de \ iialité éprouvée mais triomphante qu'il choisit; ce qui l'attire,

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