A Appendice critique
VENISE
saiale Cécile avec sa chapelle céleste vient l'aire à un abbé mourant une sérénade funèbre sur FEngelberg. Un petit inge distrait, ne pouvant rejoindre la troupe céleste, reste en arrière, descend dans la vallée et y mène une existence terrestre de jeune fille et de femme. Gomme vous le voyez, tout dépend ici de l'exécution. » (Bibl. Univ., 1899.)
Huit jours plus tard (toujours à Vulliemin) :
« C'est une étrange création que mon Angela, une sorte de Psyché du Moyen âge. L'élément légendaire est traité avec toute la liberté qu'y met Gœthe dans son Frais/. L'idée fondamentale, c'est la création d'une individualité par le fait d'une vie humaine fortement accidentée. Mon ange est un babv. un « putto » de Bellini ou de Raphaël, un sourire a\<c une paire d'ailes, égaré sur la montagne, que la vie transforme et développe en une puissante et ineffaçable individualité. Cette idée est vieille chez moi d'une dizaine d'années, mais c'est l'été dernier, à Davos, qu'elle m'a empoigné avec l'énergie nécessaire. » (Bibl. Univ., 1899.)
Enfin, en février (à Haessel) : « Mon œuvre porte le titre Engelberg, une légende, et traite — en utilisant le nom même d'Engelberg pour en faire une sorte de transparent symbole. — une destinée de femme typique, une sorte de Psyché du Moyen Age. Autant début et fin sont inconsistants et vaporeux (qui donc sait d'où vient l'homme et où il va ?] autant la véritable existence de mon héroïne sur terre est traitée avec réalisme. J'ai voulu montrer la formation d'une simple et belle âme de femme par l'existence terrestre ' ».
Il y a ici, comme dans le poème lui-même, — on en aura peut-être déjà jugé par le compte rendu, — le témoignage d'un curieux état d'âme : l'évolution de Meyer vers un certain positivisme naturaliste dans la conception de la vie. Engelberg est peut-être moins intéressant comme œuvre [
tique proprement dite que comme jalon dans l'histoire de l'esprit de son auteur. On peut voir dans le poème, connue