Ibidem
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jeune fille avec ceux de Coligny qu'il vient de quitter. Le vieux conseiller, après quelque hésitation, lui révèle le secret de cette naissance : Gasparde est la lille de Dandelot — le fi-t'i.' cadet de Coligny — et d'une Allemande séduite au hasard (les campagnes. Schadau sent son amour augmenter pour il 1 1 . • jeune fille (|iie le sang rattache d'aussi près à sou idole Coligny.
La jeune Gasparde prend son nouvel ami connue champion et comme protecteur contre les insolences d'un jeune seigneur catholique, Guiclie. qui la poursuit de ses assiduités. L'occasion d'un duel entre les deux rivaux se présente : Schadau, bien qu'infiniment moins fort aux armes que le seigneur catholique, est sauvé dans cette rencontre parla pieuse supercherie de son ami Boccard qui, quelques instants avant le duel, a glissé à son insu dans son pourpoint une médaille en argent de la Vierge d'Einsiedeln — l'Amulette ! Le catholique Boccard a une confiance aveugle dans la Vierge d'Einsiedeln qui Ta déjà arraché à la mort. Selon ses calculs, la Vierge ne manquera pas cette occasion de faire un second miracle et d'arracher un Huguenot, par une manifestation de sa puissance, à la fois à l'hérésie et à la mort; et en effet la rapière de Guiche glisse sur la médaille ; Schadau exécute une parade et tue son adversaire. pette victoire resserre les doux liens qui unissent notre jeune Bernois à Gasparde ; leur amour se scelle dans un baiser. Leurs mains s'unissent quelques jours après sur le lit de mort de Coligny qui fait consacrer leur mariage par un ministre protestant qui se trouve là. Survient la Saint- Barthélémy. Boccard trouve moyen, pendant la nuit du massacre, de sauver son ami calviniste en le cachant dans sa chambre du Louvre. Cependant, durant cette nuit sinistre, Schadau est rongé d'angoisse en pensant que celle qui esl maintenant son épouse, sa Gasparde, est livrée aux fureurs d'une populace déchaînée. Au matin, il supplie Boccard de le laisser courir à l'Isle Saint-Louis pour délivrer sa femme. Boccard, ébranlé par les invocations de Schadau à Notre-
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Dame d'Einsiedeln, finit par consentir. Schadau revêtira le costume d'un des gardes suisses qui se trouvent là; il aura peut-être ainsi quelques chances d'échapper au massacre qui sévit dans les rues. Il se dirige, accompagné de Boccard et de quelques soldats, vers l'Isle Saint-Louis; la petite troupe arrive à temps pour délivrer l'héroïque Gasparde de la meute hurlante et sanguinaire qui l'enserre dans la demeure du conseiller Chàtillon. Schadau fuit, emportant sa femme évanouie dans ses bras ; Boccard fuit avec lui, mais le malheureux ne fait que quelques pas ; il est étendu raide mort par un coup de mousquet tiré des fenêtres île l'hôtel Chàtillon. Une double et cruelle ironie veut que la médaille de la Vierge qui a sauvé le huguenot n'arrête point la balle qui va tuer le catholique, et qu'en même temps la mort lui vienne en quelque sorte de la main même de son ami : l'arme meurtrière est en effet le pistolet même de Schadau laissé la veille entre les mains de Gasparde et tombé entre les mains d'un des assassins. Schadau et sa femme quittent la France et trouvent sur les bords du lac de Bienne un abri pour leur foi évangélique.
Tel est le récit dans ses articulations essentielles.
11 a deux sources principales : l'élément subjectif, et la Chronique de Charles IX de Mérimée.
Sous le travesti de Hans Schadau, Meyer a utilisé ici nombre de traits personnels1. Le catholique Boccard esl la transposition de Conrad Xiischeler (carrière militaire, catholicisme, nature d'action, insouciante et mâle) ; le conseiller Chàtillon, « au visage d'une iinesse extrême », aux « yeux profonds et spirituels », offre des traits de parenté avec Vulliemin : enfin l'oncle de Schadau a emprunté
i. Les leçons d'escrime prises le soir dans la salle d'armes éclairée oc
deux lampes i -aies; la « vie recluse » de Hans à Bienne; le mer
déconsidération qui pèsent sur lui à cause de sou inaction sociale, — « eiu junger Menscli ohne Verdienst » — : la timidité vis-à-vis des femmes; la répugnance pour 1rs commérages ci la vie locale de la petite ville: l'éveil ■' la vie sur le sol fiançais; la gaucherie du provincial débarquant à Paris; sou indignation contre l'indécence des œuvres d'art françaises, etc. etc..
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nombre de Iraits au major Hans Ziegler, un Zurichois avec lequel nous ferons connaissance au moment du mariage de M. ver.
Mais la source principale est le livre de Mérimée : « Je ne puis assez vous conseiller, — devait un jour écrire Mever à un jeune auteur, Hermann Friedrichs, — de cultiver la nouvelle courte, à la Mérimée l. » L'auteur du conseil l'avait lui-même suivi avec une fidélité que nous ne pouvons nous empêcher de trouver trop rigoureuse. Les emprunts faits dans « L'Amulette » à la Chronique de Charles IX, ont une vague physionomie de plagiat.
D'abord, Tidée-mère, ridée-maîtresse des deux œuvres est la même : le catholique sauve le protestant et meurt des mains de celui qu'il a sauvé. (Georges de Mergy sauve son frère Bernard en l'hébergeant pendant la nuit tragique de la Saint-Barthélémy et reçoit la mort de son arquebuse = Boccard sauve Schadau en le logeant cette même nuit dans son appartement du Louvre et reçoit la mort par fatalité du propre pistolet de son ami.)
Même caractère de fatalité aveugle dans les deux dénouements. 'Le médaillon catholique sauve le protestant = la balle protestante tue le catholique.)
Le double personnage catholique et sauveur de la Chronique — Diane de Turgis et Georges — est fusionné en un seul : Boccard. Les deux formes du salut du protestant 1 Le médaillon catholique faisant dévier l'épée de l'adversaire sur le terrain du duel ; 20 L'appartement catholique devenant asile pendant la nuit du massacre) sont distribuées, chez Mérimée, à deux « rôles » distincts : Diane et Georges. Chez Meyer, \e seul Boccard se charge de toute la besogne.
Nous trouvons comme « pivot », dans les deux œuvres, une femme courtisée à la fois par deux hommes et devenant la l'aiM' du conflit entre le catholique léger qu'elle repon--*'