‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 89 sur 177 · Cf. Appendice critique · texte numérisé non relu

Cf. Appendice critique

Durant les trois années que G. -F. Meyer vécut à Meilen, il passa, selon une vieille et chère habitude, le fort de l'été dans la fraîcheur de la montagne. Ce fut la vallée du liliin supérieure qu'il choisit comme retraite pour ses étés de 187I et 1874, les deux derniers qu'il devait lui être' donné de vivre aux cotés de sa sœur, la compagne de voyages, d'ambitions et de rêves, la fidèle et tendre Pilgerin l. Ce fut là que fut prise la décision capitale de son existence : celle du mariage.

Ces deux derniers étés dans les Alpes ferment ainsi toute une première vie 'de C.-F. Meyer; ils empruntent à ce fait une douce et mélancolique gravité d'adieu.

Pour les retracer, nous n'aurons qu'à puiser dans les Souvenirs de Betsy, dans ces pages délicieuses où elle a fait passer toute son âme, et où le talent de l'écrivain, «lu paysagiste, se pare du charme pénétrant de l'intimité. Jamais mieux que dans la solitude de la montagne, la sœur ne se sentait tout près du cœur et de la pensée de son frère.

Elle nous raconte quelles étaient les conditions de séjour que le poète, au début de chaque été, énumérait à sa conipagne de route avant de monter dans la hauteur. Celaient des vœux d'artiste, et aussi de nerveux, qui se démasque dans une soif un peu maladive de fraîcheur et de simplicité: « Notre quartier de montagnes de cet été doit être au minimum à six mille pieds d'altitude. Il me faut le voisinage des neiges. L'auberge doit avoir au maximum quatre chambres de voyageurs, des escaliers sans rampe, un service sans s çons. Je ne veux comme odeur que celle du foin fraîchement coupé 3 ».

L'ascension ne se faisait pas d'une étape. Meyer, en délicat.

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