Vendredi-saint, 1877. Irev. p
-!. Frey, p. 270 .
accent de dépression et de fatigue; mais je ne doute pas que cela ne passe vite dans ce cher Florence et auprès de M"' Fries, dont le 'contraste de nature te fait certainement du bien... Ici nous avons des foules de visites et d'invitations pour la semaine de Noël, les Orelli au Thalhof, etc. »
« ISAlpenpost, à laquelle j'ai envoyé un exemplaire de lenatsch, a bravement embouché sa trompette. La Truster Zeitung m'accorde un long feuilleton. La Neue Freie Presse en contient un infiniment meilleur qui pourrait bien être de Laube. » (Frey, p. 267.)
La vérité est que Conrad ne regrette pas sa sœur. Depuis longtemps peut-être croissait sourdement en lui la soif de la vie personnelle. « Je suis un caractère faible, mais indépendant », disait-il de lui-même, en se définissant admirablement. Nous avons dit que, dans le « ménage » du frère et de la sœur, t'était cette dernière qui représentait l'élément viril. Conrad trouvait en Betsy une perpétuelle sollicitation a ses forces vives. — sollicitation al aquelle nous devons la réalisation de son talent, — et aussi une sorte d'étai moral; mais cet appui devait nécessairement s'accompagner d'un sentiment de faiblesse personnelle. Le secours que son tempérai ment, porté aux dépressions faciles et aux abandons, trouvait dans le ressort et l'allégresse de sa sœur entraînait une nuance d'humiliation intime.
Dans le temps où leurs deux vies étaient associées, Conrad dit un matin à sa sœur : « Figure-toi le rêve que j'ai eu cette nuit : j'étais assis dans un carrosse, j'avais une femme et une moustache ! ' » Nulle part mieux qu'ici ne nous parait justifiée l'ingénieuse thèse du Dr Freud (Ecole de Vienne), selon laquelle le rêve serait « l'élaboration inconsciente de nos vœux psychiques2 ». Ces trois vœux secrets