Hymne I., v. 247 ss. (A II, p
A qui n'oserait se fier à cette révélation intérieure *, le second Hymne à Dieu offre le secours de la religion, qui nous apporte la garantie de l'ordre providentiel de la création et le sentiment d'une divine présence dans la joie des êtres, « la société des étoiles et les trilles du rossignol »; mais surtout qui nous propose la prière pour nous rapprocher de Dieu.
Quand l'âme éprouve en frissonnant son infirmité et se reconnaît comme l'ombre d'un rêve; quand elle ne voit plus autour d'elle que des fantômes; quand l'amour des hommes lui fait défaut, que le ciel est trop loin et que, repliée sur elle-même, elle erre dans le labyrinthe obscur, doutant presque de son existence, alors avec quel ravissement elle se retrouve en toi, principe de toute vie, et, avec elle-même, elle retrouve l'univers, plus que l'univers, l'espoir infini -.
La création s'éclaire par la rédemption. « Quel bonheur d'être aussi un séraphin ! » Cette légèreté de la conscience graciée, cette félicité de l'union avec Dieu n'a pas à se justifier. Jusqu'à quel point Wieland l'éprouvait, on peut se le demander après la lecture de l'Hymne au Soleil.
Pourquoi ce chant de la nature, entre l'aspiration métaphysique et la promesse de la foi, si ce n'est pour exprimer la gratitude des sens? La beauté n'est-elle pas l'attribut par lequel le divin s'irradie dans la conscience? La lumière qui, avec les bourgeons, ouvre le cœur des amants, crée aussi les images qui ravissent l'esprit.
C'est toi qui appelles, dans l'aube parfumée, l'adolescent, afin qu'il contemple ton arrivée; mais voici que, dans un berceau de roses, il découvre une fille de l'amour. Ton sourire joue sur la nuque filiale et les bras blancs, tandis que le visage se colore d'une tendre fraîcheur. Devant elle il s'attarde, ne s'apercevant pas que le jour se lève 3.
Mais plus que le grand jour qui éblouit, c'est la pénombre de la forêt qui sollicite la rêverie. Elle joue avec les mythes légers des poètes, évoquant les amours du Soleil et de Flore, ou bien la rencontre, au paradis terrestre, du premier couple. Si elle se dilue