‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 131 sur 505 · A II, p · texte numérisé non relu

A II, p

\ i i , 145 Die Liebe, die ich sie lehren will. wïrd nichts Zweideutiges ie wird im strengsten Verstand Weisheit sein. Die Heiterkeil der Scele, \spasia so sehr liebt, ist ihreunausbleiblicheKrucht;abervoneinereigentliolien Ruhe weiss sie nichts. i

l'éducation sentimentale 143

qu'une Grâce? Aspasie sourit malicieusement du zèle du néophyte. « Qu'il est facile de vous prendre, observe-t-elle, dès que l'on touche à la corde sensible du cœur! Voici Nicias plus qu'à demi-platonicien, pour avoir appris que la philosophie de Platon est un art d'aimer. » Elle croit devoir prévenir « que les deux Eros sont proches parents, et qu'il arrive souvent qu'ils changent de costume, que Cupidon prenne la place du sylphe platonicien.

Je vous conseille de ne pas être trop crédule, pour le moins vous aurez besoin dans votre nouveau système d'autant de prudence que dans tout autre. Car le fils de la souriante Vénus est un Protée qui peut aussi bien se déguiser dans le froc d'un franciscain. Pour peu que s'en mêle dame fantaisie, comme il arrive, il n'est rien dont ne soient capables ces deux fripons. *

L'identité de Théages n'est pas non plus malaisée à établir : ce parent d'Aspasie, qui vit à la campagne dans une demi-retraite de sage et de dilettante, rappelle le peintre fabuliste Ludwig Meyer von Knonau, chez qui Wieland fréquente depuis 1754, à Weiningen 2. Qu'il doive à ce naturaliste un intérêt nouveau pour le monde extérieur, et apprenne de lui à regarder un paysage, avant de se lier avec Gessner et Fiissli, cela lui donnerait quelque titre à figurer un virtuose, d'autant plus qu'il participait au mysticisme traditionnel de sa famille. On voit moins, par contre, dans le rôle de Pasithea, sa fille Elisabeth, « cette bonne enfant de l'âge d'or », qui, au dire de Wieland, avait « assez d'étoffe pour trois Anglaises », de quoi le jeter « dans une véritable frénésie platonique » 3. A-t-elle exercé dès cette époque cette fascination, qui serait « la clé de ses principaux ouvrages », sans avoir d'ailleurs

1. \ II, p. 445. Aspasie ajoute : « Was mich betrifft, so habe ich allezeit die stoische Gleichrautigkeit und Ruhe dieser seelenschmelzenden Zàrtlichkeit vorgezogen, welche vielleichi ihre eignen Vergniigen hat, und lebhaftere als wn andere kalte Seelen kennen, aber wegen ihrer Empfindlichkeit auch tau i id Qualen ausgesetzt isl, die nui viel stàrker verwunden als die Nadelstiche, welclie das horazische Madchen ihrem Liebhaber gibt. o

2. Ermatincer, Wieland und die Schiveiz, Leipzig, 1924, p. 71 ss.

3. A. Br., II, p. 59 s., 64. Dans 1rs .Sumpathien, Elisabeth Meyer von Ki .m

parait sous le nom de Cyane (A II, p. 457). D'après la tradition de famille (Gerold Meyer von Knok m -, „. <•., p. 78; Ludwig Meyeb voh Knonau : Erinnerungen, hgg. von t'.. Meyer von Knonau, 1883, p. 25) elle tenait de sa mère une disposition au quiétisme. Dans Euthanasie illernpel, 33, p. 53 s.), W. lui consacre un souvenir qui doit être pris en considération : « Dièse war zu der Zeit, da sie mir

« rien dans la figure ni dans l'esprit qui pût frapper » l'ami Zimmermann ; « par des qualités qui la rendraient ridicule aux yeux d'un homme du monde »? Son ingénuité, sans doute, son ignorance complète de la vie, sa crédulité facile à abuser l. Mais encore, « il est des caprices du cœur, il est des nœuds secrets, des sympathies... » Comme Wieland la rencontrait plus facilement depuis que, par un coup de tête, il s'était installé à la maison de Constance au début de 1755 2, elle pourrait effectivement avoir donné lieu à la diversion qui est venue interrompre Théages. Le dialogue ne devait-il pas réhabiliter « le noble penchant dégradé par Ovide », en faire la sagesse même, et comme le climat de la grâce 3.

De sorte que l'expérience est venue suspendre le débat académique sur la beauté et l'amour. Tandis que « la reine de son cœur » imposait à Wieland le déguisement esthétique et le ton enjoué de la dialectique shaftesburienne, la plantureuse fille ramenait l'imagination à la nature. En vain s'appliquait-il à spiritualiser le désir par les allégories subtiles de la fantaisie et de la spéculation platonicienne. Aspasie, comme Théages, ne fait que jouer avec la fiction. Laissant à son frère le commerce grave des esprits, elle s'évade dans un monde chimérique, au gré de son humeur fantasque et badine, avec les Métamorphoses d'Ovide ou le roman de

bekannt u. (wie i < ■ 1 1 nicht Uehle), intéressant wurde, eine gute und unverfâlschte

Tochter der Natur, niclit ohne Bildung, aber mit der Welt ganzlich unbekannt. Sie natte von ihrer Mutter, an welcher sie wie eine Frucht ara Baume hing, eine starke Anlage frommer und zârtlicher Schwârmerei geerbt, und lebte mehr in einer Zauberwelt von dichterischen und religiôsen Ideen, als in der wirklichen die ihr fremd und gleichgùltig war. »

1. A 11, p. 457. » Keine Sorge, keine liïsterne Begierde bewôlkt den reinen Himmel deiner Seele. Unentweiht von den Sitten der verdorbnen Welt, kennst du kaum die Namen der Verstellung, der Affektation, dergeschminkten Tugenden und der schlauen Kiinste stàdtischer Buhlerinnen... Du weisst nicht, du schone l nschuld, dass du Zeugen uni dich her hast. »

2. Bodmer à Hess, janv.-févr. 1755 (inédit). Annonçant le déménagement de W., Bodmer remarque que sa sœur l'a vu partir sans regrets : « Kr war in vielen Sachen beschwerlich... sie sorgte mehr fur ihn, als er wollte oder anerkannte... > W. aurai! d'ailleurs décidé la chose sans en parler à ses protecteurs, par entente directe avec Mmc Grebel, à qui il attribue plus d'esprit cl une influence plus heureuse sur son caractère qu'on n'imaginerait. Bodmer ajoute : « Sie isl seil einigerZeit mehr seine Heroine als die Frau Gr. (Grebel-Lochmann). Yiele meinen, dièse habe ihm seiner Auiïùhrung halber vornehmlich wegen der .Igl. S(chulthess) einige mûtterliche Erinnerungen gegeben, die sehr nâtig môgen gewesen sein. »

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