A II, p
2. W. parle de Poiret à Ring (Arch. f. Litgesch., XIII, p. 492). Cf. A. Br., I, p. 233. Bealt de Muralt, en 1727, avait publié VInstinct divin recommandé aux hommes, avec un commentaire de la religion de Poiret. W. a pu lire alors le Triomphe de l'amour divin et la Théologie du cœur.
3. Bodmer à Hess, 30 juill. 1755 (Zehnder, p. 520) : « Er (W.) hat sich ziemlich in sein Cabinet eingesperrt, wo er stark beschâftigt ist, vornehmlich mit Verfassung des Lebens seiner Serena, wovon er schon den ersten Tom vollendet hat. Es sollen noch drei folgen, und Sachen enthalten, von denen er uns bisher Oeheimnis gemaeht hat. So sagt er, und fiigt hinzu, dass er sich dadurch an uns versiindigt hat. » Le 17 nov. 1758 (A. Br., I, p. 312), il communique le manuscrità Zimmermann, en lui demandant le secret absolu « comme si sa vie était engagée ». A cette époque, l'essentiel n'était pas écrit. Qu'advint-il du manuscrit? Peut-être W. l'a-t-il brûlé, par égard pour Sophie.
4. Raumer, p. 399. Ceci est confirmé par la dépression nerveuse que laisse entrevoir la correspondance. Le 22 nov. 1755, W. annonce à Bodmer qu'il doit se faire soigner (A. Br., I, p. 140). A Schinz, W. parle également de sa santé altérée (A. Br., I,p. 163). Un peu plus tard, il écrit à Zimmermann (A. Br., I, p. 187) : « Ich futile, dass mein Leib immer schwâcher wird, und dass sowolil meine sehr blôden Augen als mein Gehirn dem denkenden Wesen oft versagen. »
5. Sympathien, 1756 : As soûl approaches soûl (anonyme, sans doute pour éviter la censure, suivant L. de Bodmer à Zellweger du 13 nov. 1755). Cf. Hirzel,
0. c, p. 95. La date de composition, donnée par Scherer, est attestée par A. Br.,
6. A. Br., I, p. 239, 284 s. Les indications données par W. à Zimmermann el à Schinz sont incomplètes. Certaines personnes seraient désignées par plusieurs
l'éducation sentimentale 147
déjà désincarnées, et tendues « vers la patrie d'où elles viennent » par religion ou par vertu 1: elles sont effarouchées par la vie, chassées par la tentation. Cherchant protection contre elles-mêmes, elles se retirent dans une région crépusculaire, assez près des « immortels » pour n'avoir plus rien à craindre des appels de la vie terrestre, qui leur apparaît « dans un autre jour ». Presque sorties de leurs « limites », elles évoquent, dans leur demi-sécurité, ces luttes contre la passion, dans lesquelles se débattent d'autres âmes « courageuses et héroïques, et pourtant si tendres, si sensibles, si ardentes » 2.
Partageant leur inquiétude et leur langueur, Wieland leur tend, pour protéger « leur délicate poitrine », le « bouclier adamantin » de la foi 3. Par sympathie, il s'élève avec elles dans les régions éthérées des purs esprits 4.
Quelle sagesse t'a appris à penser d'une façon à la fois si sublime et si vraie? Est-ce Platon ou Epictète? Non : un rayon céleste a pénétré dans ton âme, a révélé à ton œil intérieur la valeur réelle des choses... Nommez-moi, sophistes, quelqu'un de plus heureux et de plus noble qu'un chrétien! 11 vit dans un autre monde, un monde de beauté et d'harmonie 6.
Mais, pour ne pas être chrétien, on n'en est pas moins capable de sagesse et de sérénité. Wieland demande aussi bien à Shaftesbury le remède contre les divagations et les excentricités du sentiment religieux. La Lettre sur l'enthousiasme ne met-elle pas en garde contre les ascètes, qui croient gagner le ciel en s'habillant de peaux de bêtes et en se battant avec le diable ? 6 Que penser
noms : Véréna Grébel semble s'appeler parfois Eulalie, tantôt Arèté et Sélima. Si Cyane est la sœur de son élève, on ne sait trop quelle est la fille aux joues roses qui porte le nom de Sacharissa. D'autres évocations seraient purement fantaisistes : « Ich mâche dergleichen Madchen ohne Zutun eines Weibes, so viel man nur will. »