A II, p. 485 et
■1. A II, p. 486.
::. \ II. p. 484.
l'éducation sentimentale 149
qui radotent de lumières ». C'est donc au rationalisme qu'il en a, plus qu'au libertinage, plus exactement à la raison empirique et sensualiste, qui nie l'idéalité. Son hostilité se déclare contre Uz, « ce misérable moineau d'Anacréon », et le confond avec les méchants écrivains. De nouveau, la prévention aveugle le sens critique, au point que le fouet de Liscow est brandi sur les poètes de la joie : « Dors-tu, Brutus! Toi qui luttais pour la raison et la liberté de pensée! 1 » Au nom de la liberté, tout comme dans Y Annonce d'une Dunciade, il court sus aux « empoisonneurs publics » 2. Aussi, pour Gleim comme pour Uz, il y avait là un accès de fanatisme : Wieland tournait au visionnaire. « Qui sait s'il ne finira pas chez les Quakers 3. »
C'était bien un envoûtement, qui affectait aussi sa santé, et portait à l'engourdissement de l'esprit. Pendant les années 1755- 1756 s'accentue une « difficulté d'exister », une dépression nerveuse qui amènent Wieland au quiétisme. Las « de se battre avec le démon déguisé en ange de lumière », dépris de lui-même par dépit de ses inconséquences et de ses faiblesses 4, il donnerait tous les philosophes pour la bienheureuse Armelle 5, se demandant si la vie contemplative n'est pas « le moyen infaillible du bonheur », et si les mystiques ne sont pas seuls à aimer avec désintéressement.