‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 139 sur 505 · A II, p. 320. (Hymne auj die Gerecktigkeà Gotles · texte numérisé non relu

A II, p. 320. (Hymne auj die Gerecktigkeà Gotles

« du silence solennel et désert, où dorment la nuit et la mort », de l'évocation « des ossements disjoints dans les tombes qui s'ouvriront un jour », pour exalter la vie 1. Mieux qu'Elisabeth Rowe, Mme Guyon apprend à Wieland, que se donner à Dieu, c'est se mettre en mesure de jouir sans angoisse temporelle : « S'élever à toi, c'est obéir à la nature 2. » Wieland est moins à la recherche d'un apaisement, que de griserie, que de la volupté de l'àme.

Dans tout ce qui passe, l'esprit immortel ne trouve pas d'aliments... il lui faut une joie qui ne se flétrisse pas..., la pure harmonie, l'oubli des conflits dans les parages de l'amour divin, là où les sens n'exercent plus leurs sortilèges, dans le jardin de Dieu où ne pousse pas de fruit perfide 3.

Une mysticité qui n'est que l'autre forme de l'évasion, le moyen de supporter le « supplice de Tantale » par projection sur l'écran du ciel de l'inquiétude et du désir. « Etonnante transformation! Tout se renouvelle, ce qui était obscur devient lumineux, ce qui était mort prend fin, ce qui était fugitif devient éternel!4 » Cette transposition pourrait passer pour effet de l'illusion poétique ou de la contrainte, si elle ne s'accompagnait d'une captation d'autorité, au moyen d'une longue et tortueuse dédicace au conseiller du consistoire Sack à Berlin5. A-t-il besoin d'affirmer qu'il n'a nullement songé à faire étalage d'esprit et d'imagination, qu'il s'est borné à céder à l'inspiration? Pourquoi alors la prétention d'opposer un « christianisme pratique » à l'orthodoxie que compromet la théologie scolastique. La religion ne doit-elle pas couvrir

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