Bibl. d. Sch. Wiss., 1758, III, p
3. Dans la dédicace à Sack, W. avait cherché à pallier le reproche de duplicité : « Es musste mir einfallen, wie geneigt viele sind. aile diejenigen fur Gleissner nnd Scheinheilige zu halten, die mit Hitze und Empfindung von gottlichen Wahrheiten reden. »
4. En 1758, la rééd. des Empfindungen eines Christen devait fournir l'occasion de rectifier la dédicace. L'avertissement prévu ne parut pas : il fut arrêté, à la prière de Bodmer, par Kunzli, qui lui-même dut recourir à Ebert. (Hirzel, p. 165 s., A IV, p. 163 s.) W. se borna à quelques coupures. Le Vorbericht de 1762 exprime les regrets de l'auteur. (A Br., Il, p. 219, 241 s.)
l'éducation sentimentale 155
S'il n'a pas eu le courage de réparer franchement, il n'en éprouve que plus d'amertume pour ce qui l'a ainsi abusé, pour son maître d'abord, et aussi pour la pruderie de la dévote qui agissait sur son esprit à la façon d'un stupéfiant. L'excuse de sa vilaine dénonciation, c'est de n'avoir pas été concertée, mais de lui avoir été soufflée et peut-être presque arrachée dans l'état de prostration où il se trouvait alors.
Comment le revirement s'est produit, il n'est pas impossible de le présumer. Au changement de ton dans la correspondance, il ne peut échapper qu'au cours de l'été de 1756, le mirage s'est dissipé. A l'humeur grise et accablée, qui s'exprimait dans les premières lettres à Zimmermann, succèdent brusquement des confidences plus dégagées. « Shaftesbury ne vous a-t-il pas persuadé que nos réflexions sombres, mélancoliques, moroses, que nos impressions pénibles, cimmériennes, stygiennes, que tout ce qui nous gâte l'humeur et nous met en opposition avec nous-mêmes, il nous faut le combattre comme notre pire ennemi? x » Avait-il déclaré de même à Sophie, qu' « il n'avait plus rien à perdre », que « le monde n'était plus que poussière à ses yeux » 2, il donne maintenant « le découragement, le mépris de soi-même, l'inquiétude, le doute, pour des poisons de l'âme »3.
Au Dr Obereit, à qui Bodmer l'a peut-être renvoyé, comme à un admirateur de Poiret, lui-même théosophe et quelque peu alchimiste, à qui l'on doit la découverte du manuscrit des Nibelungen de Hohenems, Wieland se confessait, le 18 août :
Ne me voyez pas trop en beau ! Dans ma tête, il y a encore bien de la confusion! dans mes sentiments bien du désordre... J'ai à me défendre contre beaucoup de défauts ! je suis loin d'être aussi sérieux, aussi tenace, aussi résolu que je voudrais l'être! le pis, c'est cette indolence que j'éprouve depuis quelque temps... Je ne trouve plus beaucoup de poètes ni de philosophes à mon goût. L'histoire me rebute : elle n'est