‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 143 sur 505 · A. Br., I, p · texte numérisé non relu

A. Br., I, p

4. A. Br., 1, p. 238 : « Ich will Ihnen ganz naiv sagen, wieich es mit den Wei bern habe. si.' wissen, dass ich Qberhaupl ein Bewunderer des sehonen Geschlechts bin. Vielleicht (unter uns gesagt), ware ich es weniger, wenn ich viele Frauenzimmer dureh mich sclbsl kennen gelernt natte. Dazu habe ich nichl Zeit genug gehabt...

rais (sic) avoir quelque jour le plaisir de vous entretenir de bouche {sic), je vous dirais que c'est à une personne du sexe que je crois être redevable de ce que je suis : Elle a fait un homme de moi. * » Dès lors, il ne confond plus sagesse et austérité, il ne veut plus d' « une vertu dégoûtante » ! il croit que le sage cultive tous ses sens « intérieurs et extérieurs », qu'il « exerce toutes ses facultés, qu'il jouit de toute la nature ». Faut-il enfin un témoignage plus explicite? Sept ans plus tard, Wieland confirme à Sophie que « si jamais il y a eu un platonicien, je l'ai été jusqu'à l'année 1756 » 2.

On pourrait s'en tenir à cette déclaration, si, pour un imaginatif , les circonstances n'étaient susceptibles de colorer particulièrement l'expérience. Il était sans doute inévitable que le refoulement produisît une réaction de l'esprit, sous la forme d'un ressentiment tenace contre l'hypocrisie 3. Toutefois, l'ironie qui s'exerce plus tard contre la pruderie dévote (qu'on pense, par exemple, à la prêtresse de Delphes dans Agathon et à Dona Mencia dans Don Sylvio), fait craindre une surprise analogue chez l'émule mystique de Véréna. Une aventure extérieure se concevrait à peine, dans cette ville étroitement surveillée. Pour laisser dans la conscience l'humour, dont témoignent encore les contes comiques, il a fallu qu'elle s'accompagnât de circonstances particulièrement humiliantes. « Les expériences que j'ai faites alors, reconnaît rétrospectivement Wieland, ont contribué à me faire choisir les motifs scabreux et voluptueux 4. » Elles expliqueraient, en tout état de cause, l'impression de désenchantement, de disparité de sa conduite et de son esprit.

Wieland se sent obligé de rétablir sa conscience sur un niveau moins présomptueux :

Ne vous ai-je pas dit, écrit-il à Zimmermann, que la plupart des vapeurs qui s'exhalent de mon âme ne viennent que de la surface? Je n'ai pas besoin d'ajouter que j'ai un cerveau chimérique. Quant au cœur, c'est un étrange mélange de grandeur et de faiblesse. Ajoutez que je suis humoriste. Tout cela fait de moi un homme très inégal 5.

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