‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 144 sur 505 · Raumer, p · texte numérisé non relu

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De l'enquête psychologique, à laquelle il procède sur lui-même avec un sens critique aiguisé, le premier témoignage est Araspe et Panthée 1.

« Je reconnais maintenant que j'ai deux âmes antagonistes, car si je n'en avais qu'une, je ne concevrais pas qu'elle fût à la fois bonne et mauvaise, tiraillée en sens contraire par deux objets aussi différents que la vertu et le vice 2. » Cette constatation qu' Araspe fait « aux dépens de son repos et de son honneur », Aspasie voulait l'éviter à Nicias. Mais il ne s'agissait alors que de la duperie de l'imagination par la grâce, tandis que, dans l'épisode de Xénophon, c'est l'illusion du sentiment qui se trouve déchirée par la passion. La leçon que Cyrus veut donner à son jeune ami, Wieland ne la comprend qu'après avoir passé par la même épreuve. Il voit alors, comme il l'explique aux lecteurs du Mercure, en 1774, qu'il s'agit, dans l'intention de Xénophon, non pas de peindre une belle figure, mais de prouver une vérité empirique 3.

On peut quelquefois toucher du feu sans se brûler et le bois ne s'embrase pas tout d'un coup. Toutefois, je ne voudrais pas toucher du feu par plaisir, ni regarder trop curieusement les belles personnes. Je vous conseille d'en user de même, car le feu ne brûle que ceux qui s'en approchent de près, tandis que la beauté enflamme de loin.

Mais ce n'est pas à Xénophon seul que Wieland est « redevable de la guérison de son âme dans sa vingt-deuxième année (plus exactement dans la vingt-troisième). Il connaissait la Cyropédie depuis Klosterberge, et Shaftesbury avait en outre appelé son attention sur le motif d' Araspe4. Il n'a pourtant été incité à le

1. Araspes und Panthea, eine moralische Geschichte in einer Reihe von Unterredungen, von C. M. Wieland, Zurich, 1760. Le Vorberickt de 1796 indique inexactement la date de composition.

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