A. Br., I, p
3. Horn, p. 331 s. (déc. 1805). « Mit Riihrung untl Dank gegen die unsichtbare Hand, die unsere Schicksale lenkt, erinnere ich inich der seligen Tage, die ich. ewig teure Sophie, in den Jahren 1750, 51, 52, mit Ihnen lebte, und des wunderbaren und wo nient ganz beispiellosen, doch gewiss hôchst seltenen, und mir durch seine Folgen so wohltàtigen Zaubers, den Sie mit dem ersten Blick auf mein ganzes Wesen warfen... Es war eine idealische, eine wahre Zauberwelt, in der ich lebte. »
4. A I, p. 280. « O Freundinl dièse Brust hat wahres Gluck entbehret/ Bis mich dein erster Blick ein neu Gefùhl gelehret ;/ Erwachend, wie vom Tod, empfand mein zitternd Herz,/ so dauchte mich, erst jetzt... >•
5. Cf. Sophie La Hoche, Schaltenrisse abgeschiedener Stunden (1800) et Melusinens Sommerabendc (1806); l'étude de K. Ridberhoff : Sophie La Roche und Wieland. l'rogr. Hambourg, 1907.
6. Cf. notamment : Gœthe, Dichtiing und Wahrheii, III, L. 13 (Jub. Ausg. Bd. 24, p. 137).
impression incomparable de distinction et de grâce 1. » Telle la présente aussi le portrait de J. H. Tischbein 2. Si l'on ajoute qu'elle portait avec élégance la robe la plus simple, et qu'elle était parée alors, comme par un voile de deuil, de la mélancolie d'un premier amour déçu, on ne s'étonnera pas du prestige qu'elle avait aux yeux d'un adolescent très éveillé.
N'avait-il pas souvent rêvé d'elle déjà dans sa chambre d'élève, alors que, par les lettres de sa mère, ou peut-être par relations directes, il suivait de loin le roman des fiançailles de sa cousine avec le jeune médecin du chapitre d'Augsburg, le cavalier italien Bianconi ?3 Si une union brillante n'était pas pour le surprendre, les circonstances de la rupture devaient frapper son esprit. Que le préjugé religieux se manifestât si brutal en sa propre famille, il y avait là de quoi irriter sa conscience. Ne s'était-il pas fait du père de Sophie l'idée d'un homme éclairé et dégagé, par sa culture et son état, d'un tel préjugé? Il savait que, destiné à l'église, celui-ci s'était voué à la médecine, et qu'à Augsburg, il vivait dans un milieu catholique, en bonne intelligence avec fidèles de l'une et l'autre confession. D'ailleurs, le médecin Gutermann avait accueilli, sans difficulté, semblait-il, la demande de son confrère Bianconi. Alors pourquoi ce brusque revirement?
Le jeune homme put tout apprendre de Sophie elle-même. Elle vint en effet à Biberach au mois d'août, chez ses grands-parents, qui, déjà, l'avaient recueillie, l'année précédente, à la mort de sa mère, tandis que le docteur voyageait en Italie avec Bianconi. Accablée par son malheur, la jeune fille songeait alors à se faire catholique et à entrer au couvent. N'avait-elle pas, du fait de l'obstination de son père, dans la discussion du contrat de mariage, vu s'évanouir le bonheur qu'elle croyait saisir? Un différend provoqué, comme elle savait, par la susceptibilité patricienne de son père, plus que par un scrupule religieux. Chez cet homme de science, qui avait fait sa carrière près d'une cour épiscopale,
1. Dos Fràulein von Sternheim, éd. Ridderhoff (D. Lit. Denkmale, 138, p. 50).
2. Portrait de Tischbein reproduit dans Euph., XIX (1926), p. 26 et à nouveau dans la biographie récente de Werner Milch : Sophie La Roche, die Grossmutter der Brentanos, 1935, p. 17.