A. Br., 1, p. 244 (21 janv
ment de caractère. Mais Zimmermann, plus âgé de cinq ans, avait sur son ami souabe l'avantage de l'expérience du monde et de son savoir de praticien, même s'il se sentait diminué par le plus grand talent de l'autre. C'est en effet au poète que le médecin s'était adressé d'abord 1, avec plus de dévotion que le jeune disciple de Bodmer n'en avait à attendre de l'ami et du biographe de Haller2. Mais, s' étant mis en tête de se faire un nom dans la littérature, malgré les avis de Haller, et son peu de dispositions3, que ce soit pour sortir de son isolement, ou pour se donner du prestige, Zimmermann en était encore à quémander des encouragements et des conseils. Comme le maître, à qui il était attaché depuis ses études à Gôttingen, le dissuadait d'écrire, il s'était retourné vers Zurich, fermant l'oreille au poetae nascuntur, non fiunt que lui envoyait Breitinger, jusqu'à ce que Wieland lui interdit tout uniment de versifier4.
Au moins pouvait-il réussir dans un genre mieux approprié à son esprit, plus alerte et souple que vigoureux, doué pour l'obser-
1. Plus exactement, Zimmermann s'est adressé à Breitinger, qui l'a mis en relations avec Wieland. 11 écrivit à Breitinger, le 7 févr. 1756, avouant ignorer complètement les règles de la poésie et suivre seulement son sentiment (inédit). Le 28 avr., Zimmermann demande à W. son concours : •■ A parler franc, j'ai un droit sur votre cœur. A des hommes comme vous, mes sentiments sont voués. Déjà, je me sens apparenté à vous. Je suis une des âmes inexpérimentées, qui ont besoin d'être instruites, soutenues, encouragées. Conseillez, instruisez-moi. réconfortez-moi, consolez-moi! » (Inédit.)