A. Br., I, p. 259 s
Voilà qui ferait oublier le « sermon de croisade » à la fin des « sympathies » 1, et qui annoncerait un Wieland qui « n'est plus dans toutes les idées de M. Bodmer » 2; qui accuse Young, naguère placé « immédiatement après l'ange », de « tourner l'esprit aux gens et de corrompre le goût des jeunes auteurs ». Il condamne l'esprit qui « écrit des énigmes » 3, renvoie Klopstock à Yadvice to an author de Shaftesbury : « Dès qu'on parle des régions qui sont au-dessus de la lune, on peut dire tout ce que l'on veut sans risquer d'être démenti. » Malgré le génie de l'auteur, la Messiade n'est plus qu'une « aventure »; comment Klopstock réussirait-il à peindre des hommes après s'être gâté le goût par Milton, Young, E. Rowe4? Pour lui-même, il « souhaiterait de n'avoir pas traité Uz avec tant de rigueur; il aime Prior et Gay, « quoique tous les deux soient souvent assez fripons »5; il est vrai qu'il proteste contre l'éloge, fait par Zimmermann, de Ninon de Lenclos, « cette p... athée, la honte de son sexe! 6 »
Zimmermann l'inquiète bien un peu par son tempérament excessif, vif et impétueux 7, mais Wieland voit en lui, ou veut voir en lui « un futur grand homme » 8. Il soumet ses écrits à la critique du médecin, s'ouvre à lui de ses projets. Il lui abandonne ses œuvres antérieures comme étant « des essais et des ébauches, des aventures d'une âme juvénile qui commence seulement à prendre conscience d'elle-même » 9. Il n'en est pas moins engagé alors dans une entreprise qui procède des mêmes errements, et qui rappelle curieusement la façon dont il s'était mis en faveur auprès de Bodmer. Mais il s'agit cette fois « de surprendre et d'arracher les suffrages du roi de Prusse » 10.
1. Zimmermann était offusqué avec tous les gens de bon sens. « 11 semble, écrivait-il à Haller, le 26 juill. 1756, que M. W. aurait plus de réputation s'il avait suivi votre exemple, comme il l'a fait en commençant. »
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