‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 159 sur 505 · Ailes · texte numérisé non relu

Ailes

was

ich bisher gethan

habe, snul Versuche, Fliige,

jugendliche Abenteuer einer

Seele, die sich

zu fiihlen

anfângt.

,. Br.,

. 262. Cf.

C'est en quoi Zimmermann pouvait le servir : il était au mieux avec V. B. Tscharner, le traducteur de Haller et de Klopstock; il serait en mesure de l'introduire lui aussi en France. Rien d'étonnant, alors qu'il arrivait au terme de son engagement à Zurich 1, qu'il recherchât de nouveaux débouchés. Aussi fallait-il jeter du lest, se défaire de ce moralisme rébarbatif, qui lui nuit auprès des honnêtes gens, et aussi de la manière bodmérienne, dont on rit à Berne 2. Il ne veut plus passer pour mystique, ni même pour platonicien3. Mettait-il naguère Zimmermann en garde contre la contamination de l'esprit français4, il s'applique maintenant lui même à des modèles français, sous le couvert des anciens.

Sans doute, il ne veut plus se reconnaître d'autres maîtres qui Xénophon, Euripide, Virgile, Horace, Térence, « les cinq homme.' qui lui paraissent les premiers dans l'art d'écrire, c'est-à-dire ou d'instruire agréablement l'esprit, ou de peindre la nature et de charmer le cœur ». Un homme qui les aurait lus depuis sa jeunesse « n'entendrait pas le mot aux ouvrages de Young » 5. Son estomac fatigué de mets épicés ne supporte plus que le bon pain. « Malheur à l'écrivain qui voudrait écrire pour tous les hommes et pour tous les temps, et qui ne préférerait pas, pour son cabinet, le successum d'Horace à la Bibliothèque royale de Paris et au Vatican!6 » Son idéal avoué est toujours d'unir Virgile et Xénophon 7. Mais il se refuse à laisser traduire aucun de ses précédents ouvrages, et craindrait une apologie « comme la satire la plus caustique » 8.

1. Son engagement, qui devait, primitivement prendre fin à Pâques 1757, avait été prolongé d'un an, afin de préparer les deux (ils Ott à un voyage à l'étranger, dans lequel W. devait les accompagner.

2. Le 24 juill. 1756, à Haller. Zimmermann écrit de \V. « A vous soit-il dit, M. B(odmer) ne l'aurait-il pas gâté véritablement':' » (Ischer, p. 65.)

:t. A. Br., I, p. 270. « 11 a été un temps, où j'étais charmé de Young, ce temps est passé. Je n'aime plus les contes de fées; je ne trouve plus de plaisir à la vie de Sainte Thérèse, je n'ai plus grande envie de voyager avant le temps dans les sphères invisibles, je ne veux plus que tout le monde soit Caton et je ne veux plus instruire les jeunes filles dans les mystères de la philosophie de Platon ; voilà bien des changements, mais qui ont été amenés par des degrés presque imperceptibles. »

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