‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 160 sur 505 · A. Br., I, p · texte numérisé non relu

A. Br., I, p

Il se recommande apparemment de Glover et de Thomson, mis en regard de Xénophon et d'Euripide, mais c'est à l'auteur de la Henriade qu'il pense surtout pour cette épopée en 18 chants, qui sous le costume de Cyrus, doit louanger Frédéric II : « Vos pensées sur Voltaire coïncident parfaitement avec les miennes. Je suis mortifié de ne pouvoir aimer cet homme que j'admire. Je ne fais pas autant de cas de sa prose que de ses vers. Il parle trop souvent en homme d'esprit où il fallait parler en philosophe, et en sophiste impudent, où il prétend faire l'homme éclairé. Mais la plupart de ses tragédies, et même ses badinages, ses riens me charment. M. B(odmer) et Br(eitinger) l'estiment beaucoup en qualité de poète et d'homme d'esprit l. »

Pour son poème, le sujet importait certes moins que l'exécution. Qu'il lui ait été suggéré par Sulzer 2, à la faveur de l'enthousiasme suscité par la victoire de Prague, enthousiasme qui déferlait jusque sur la Suisse protestante 3, ce n'est pas à titre de conquérant que le roi de Prusse faisait vibrer le jeune Souabe, si ce n'est dans l'espoir d'une pension ou d'une place4. Aussi bien, Frédéric n'étaitil évoqué qu'à l'ombre d'un héros, auquel il pouvait ressembler quelque peu, encore que celui-ci « ne fît pas de vers et ne jouât pas de la flûte ». Un héros qui est avant tout « un très grand homme, vir bonus et konestus, xaXo; xoù ayaO:Ci quoique conquérant; qui fait la guerre à la perfection, mais n'en entend pas moins les artes pacis ; qui aime le genre humain, a le cœur généreux et sensible,

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