‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 162 sur 505 · A. Br., I,p · texte numérisé non relu

A. Br., I,p

2. A III, p. 51. Cf. Herchner : Die Cyropadie in Wielands Werken, Neue Jahrb. f. Philol. u. Padag, Bd. 154 (1896), p. 199.

3. (En français.) Passage supprimé de la L. du 24 févr. 1758 à Zimmermann (A. Br., I, p. 251 s.) : « Outre cela, voilà une bonne fille de Muse, qui ne me laisse de repos ni jour ni nuit, m'obligeant de songer continuellement à l'exécution d'un poème héroïque de 18 chants, qu'elle prétend rendre par son inspiration un des plus beaux qu'on eusse ( I) jamais vu, sans en excepter celui du bon vieux père Homère. »

4. Encore dans d. Historische im Agathon (Hempel, I, p. 59), W. prête à Xénophon, d'après Cicéron, l'intention de vouloir représenter Cyrus « tel qu'il ,i été d tel qu'il aurait dû être ».

5. A Br. I, p. 303 : « Ich bin allzuweit. un ter einem Helden, um einen Helden wiirdig und nach dem Leben schildern zu kônnen. »

6. Les Voyages de Cyrus (dédiés au duc de Sully), 1727. Cf. Albert Chérel : Un aventurier au XV 11 Ie siècle : A.- Michel Ramsay, Paris, 1926, et K.Wildstake : Wielands Agathon und der franzôsische Bildungsroman, vonFènelons Telemach bis Barthélémy* AnacharsisA~)ms., Munchen, 1933. Dans le détail on trouve des rapprochements nombreux : ainsi le discours de Cyrus avant la bataille, l'hymne aux guerriers qui précède le combat, le coup de main d'Astyage, la pitié de Cyrus sur le champ de bataille, etc. Mais c'est surtout a la conception humanitaire et à l'esprit politique que se reconnaît l'inspiration de Ramsay.

7. Bodmer n'avait-il pas connu et utilisé le Discours sur la poésie épique et l'excellence de Télémaque (1717), qui place le roman d'éducation de Fénelon au-dessus des poèmes homériques pour sa morale et sa forme? D'autre part, Ramsay avait ajouté à la biographie de Fénelon une Dissertation sur le pur

nement civil pouvait également inspirer la tendance politique de son ouvrage 1. A l'imitation des Voyages, son Cyrus devait vraisemblablement exposer les principes d'un gouvernement et présenter « moins la vie d'un héros », que « la vertu, la vérité, les sentiments qu'il possède et doit inspirer ». On est en droit de supposer qu'il aurait participé au même utopisme humanitaire, servi la même propagande philosophique. Ce qui montre que le mysticisme de Wieland n'était pas sans affinité avec certaine théosophie maçonnique, à laquelle il a pu être initié par Obereit 2.

Mais comment Wieland aurait-il dominé une telle matière? « Je succombe souvent sous le poids de mon sujet, écrivait-il à Zimmermann, et je commence à sentir que j'ai entrepris un ouvrage qui est de beaucoup au-dessus de mes forces 3 .» De fait, sur les dixhuit chants annoncés, cinq seulement ont pu être exécutés au cours de presque deux années 4. Encore est-ce la partie qui reste le plus

amour, 1723, dont W. a pu également s'inspirer. 11 était en liaison avec Louis Racine, qui lui dédia ses Épitres sur l'homme, ce qui a peut-être suggéré à W. son projet d'un poème sur l'homme; enfin, précepteur de Turenne, Rarnsay a fait paraître un plan d'éducation pour un prince, que W. a pu connaître, alors qu'il rêvait lui aussi de faire l'éducation d'un prince.

1. Ramsay, qui a publié Y Essai sur le gouvernement civil de Fénf.lox, donna en 1721 un Essai philosophique sur le gouvernement civil qui en reprend les principes et les maximes. N'est-ce pas de lui que W. tiendrait sa conception théocratique de l'État, qu'il expose à Iselin en 1760? Ramsay, en effet, prend position contre Locke au nom du principe chrétien et monarchique. Voltaire, dans le Dictionnaire philosophique, lui reproche de copier Fénelon et Bossuet. Dans les Voyages de Cyrus, l'influence maçonnique est plus marquée. C'est Pythagore qui instruit Cyrus sur l'art du gouvernement (L.V.). Rappelons que Ramsay a fait partie du club de l'Entresol, qu'il avait propagé en Angleterre une « maçonnerie nouvelle », et qu'il y fut membre de la « Gentlemen Soc àety • (1729). Cf. Chérel, o. c.

•2. A propos de l'utopie de Morelly, W. remarque, A. Br., I, p. 319 : « Es ist gut, wenn man uns lebhafte Gemàlde von der Seligkeit macht, welche wir geniessen wiirden, wenn wir der Stimme der Natur und den Vorschriften der gesunden Vernunft gemâss lebten. »

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