‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 166 sur 505 · A. Br., I, p · texte numérisé non relu

A. Br., I, p

6. A III, p. 91 s. Cf. A. Br. II, p. 10 : « Die Jungfer **• welche dièse Art von Versen ungemein gut liest, las mir gestern zwei Gesange vor : Es war mir, als hôrte ich eine Symphonie 1 »

et anglais » 1; et à la critique qui s'en prendrait à la composition, il répondrait par la douceur de son rythme 2. Si pourtant « il lui en coûte plus de gagner sa bataille imaginaire qu'à Frédéric d'en gagner une réelle »3,. n'est-ce pas qu'en dépit de son application et de sa philosophie « humanisée par les écrits socratiques » il n'atteint pas au vrai. Il a beau réagir contre «l'emphase olympique» et l'affectation, chercher la noble simplicité et la sobriété, il ne fait que styliser une fiction inerte. Du moins apprend-il à délier la langue, à assouplir son hexamètre, à donner à son récit le mouvement de la pensée. A défaut du poète, l'écrivain tout au moins s'affranchit.

Quant à l'œuvre elle-même, elle était condamnée à demeurer une étude d'atelier. Il lui manque dès son début, comme remarque Iselin, l'action et la vie4. Occupé aux mille règles de l'exécution, Wieland n'avait pu que rassembler des morceaux, qu'ordonner les « différents styles » qui devaient entrer dans sa composition 5. Qu'il mesure son mérite à la peine qu'il s'est donnée6, il ne manque pas de s'apercevoir que son Cyrus ne doit pas affronter le jugement de Frédéric, pas plus que du public français. Dans son dépit, il regretterait presque d'avoir trop vite fait bon marché de Klopstock et de Bodmer. Il lui faut se résigner à ne trouver de lecteurs qu'à Zurich 7. Avant de partir pour Berne, par la publication du fragment il prenait en même temps congé de la poésie, comme il croyait. Dès lors il perdit courage pour le continuer 8.

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