Vorbericht, 1759 et
7. A. Br., II, p. 37 : « Je ne parlerai pas le mot de Cyrus (sic) ou de poésie, à moins d'y être obligé absolument . mais il ajoute : « Cyrus gefàllt hier (Zurich) allen wackern Leuten ohne Ausnahme und wird stark gekauft. »
8. A. Br., II, p. 44 el 110. Dans sa vieillesse, W. le tenait encore pour sa meilleure ouvre de jeunesse illc.TTie- i:k, p. 154).
Sans la venue à Zurich, en mai 1758, de la troupe Schrôder- Ackermann I, chassée d'Allemagne par la guerre, un projet dramatique de l'année précédente : Lady Johanna Gray, aurait pu rester dans son tiroir. Avait-il été provoqué par le concours ouvert par Nicolaï, dans la Bibliothèque des Belles Lettres, et auquel Bodmer avait pris part? 2 Non pas que le bon maître fût brusquement saisi de la passion du théâtre, il était vieux suisse en cette matière, comprenant le théâtre à la manière de Rousseau dans sa Lettre à Dalembert, ou de Sulzer dans sa Théorie des Beaux Arts, moins comme un divertissement que comme une cérémonie civique; pour le moins, comme un spectacle dans un fauteuil, sur une scène idéale, en vue d'une action morale 3. Il s'avisait d'exploiter Shakespeare, ainsi qu'il avait fait de Milton, dans un intérêt d'éducation patriotique ou d'histoire.
Que Wieland partageât cette manière de voir, on peut s'en convaincre par la préface de sa première pièce.
La tragédie, y était-il dit, a pour objet de représenter la noblesse, la beauté, l'héroïsme de la vertu de la façon la plus touchante, et d'éveiller ainsi ou de cultiver les sentiments d'humanité, de sympathie, d'admiration pour la grandeur héroïque; le poète tragique est un moraliste4.
C'est à peu près ce que soutenait aussi le traducteur du théâtre de Thomson, ne fût-ce que pour désarmer la prévention 5.
C'est pourquoi l'adaptation que fait Wieland de la pièce de Nicolas Rowe n'aurait été vraisemblablement qu'un essai litté-
1. La troupe était à Strasbourg depuis nov. 1757; elle obtint en avril suivant, l'autorisation de venir à Zurich. Cf. Berthold Litzmann : Friederich Ludtvig Schràdcr..., 1, 1890, p. 152.
2. Dans la Bibl. der schônen Wissensch., 1756, I. Le délai qui devait expirer à la fin de l'année fut prolongé jusqu'en oot. 1757. Le prix fut attribué à Cronegk pour sa tragédie Codrus. Bodmer y avait présenté par un intermédiaire sa première œuvre dramatique : Friedrich von Tokenburg, qui n'a été publiée qu'en 1761. (Cf. Bachtold : Gesch. d. d. Ut., p. 634.)
3. Son art. : Poetisches Schauspiel, dans le Dictionnaire des Beaux-Arts de Sulzer (Cf. Bachtold, o. p., p. 637) et de Reynold : Bodmer et l'école suisse, p. 212 s.; Tobler : Bodmers polit. Schauspiele, dans la Denkschri/l.