Bôttiger, p. 193; D. Br. II, p
2. Hirzel : Wielands helvetisches Biirgerrecht, Arch. f. Litgesch. III, p. 131. Cf. Bachtold : Kleine Schriften, p. 187.
A l'écrivain souabe, si bien recommandé, Berne se montra plus accueillante que ne le voulait sa réputation de ville aristocratique et fermée. Il fut reçu avec bienveillance par les notables, chez qui il était introduit par ses amis de Zurich, les de Bonstetten, Augspurger, Fellenberg, Sinner de Sannen et de Rohrbach 1; il se vit entouré dès son arrivée par des hommes de lettres et des curieux tels que Tschiffeii, Lerber, S. Schmid, Stapfer et les deux frères Tscharner. En quelques semaines, il se flattait d'avoir plus de connaissances agréables et intéressantes qu'après plusieurs années de Zurich 2. Zimmermann s'étonnait de ce succès fait à un précepteur, fùt-il grand poète et philosophe3. A la vérité, il était reçu « comme on reçoit les nouveautés » 4 et, s'il trouva des « amateurs », il ne tarda pas à se heurter à la réserve distante qui était dans le caractère de la capitale de l'Aar.
Au premier abord, la légèreté et le mouvement de la vie de société étaient faits pour surprendre Wieland au sortir de Zurich, où selon un chroniqueur bernois5 l'existence était triste, confinée entre les comptoirs et les études : « La plupart des gens la passaient dans des nuages de tabac d'où sortirent les idylles de Gessner comme le soleil d'un vrai nuage ». Ici, les plaisirs de la conversation, la flânerie et les distractions vont leur train, « on fait des