‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 204 sur 505 · Bodemann : Julie Bondeli, p · texte numérisé non relu

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de l'enthousiasme, « cette petite vérole de Fâme, qu'il vaut mieux avoir eu de bonne heure que plus tard, à cause des cicatrices » x, elle surveillait sa sensibilité, s'étourdissait au besoin par un « torrent de sophismes » 2. La bourrasque passée, elle retrouvait la tranquillité et la gaîté qui lui étaient naturelles3. Ayant rejeté d'elle les « diableries féminines », « assez homme, comme elle dit, pour ne pas mettre de l'élégance là où il faut des idées distinctes et distinctement énoncées, semer des fleurs où il faut de l'ordre et de la précision » 4. Elle savait « ne rien rabattre, pour tous les Platons anciens et modernes, de la fierté et des prérogatives de son sexe », comme elle le prouvera à Rousseau5. N'ayant « ni le manège ni le dessein d'être coquette », elle croyait pouvoir exiger une égale loyauté envers elle. Elle n'en fut que plus facilement dupée par Wieland, pour n'avoir pas pris garde « que le vrai du sentiment marche avec le vrai de l'intelligence, et qu'aucun des deux n'est plus vrai lorsqu'on peut les distinguer »6.

Si elle se départit avec lui de sa prudence habituelle, c'est qu'elle crut n'avoir affaire qu'à un philosophe et à un poète, sans soupçonner la supercherie d'un esprit qui affectait la franchise. Intéressée par l'effort que faisait Wieland pour s'adapter au réel et pour se défaire de sa brume métaphysique, touchée peut-être par le désarroi de l'étranger, elle ne lui refusa pas l'amitié dont il avait besoin. Wieland pouvait-il manquer de tirer cette amitié dans le « platonisme » et de « s'ensorceler » soi-même de ses illusions? Comme Julie possédait, selon Zimmermann, « le cœur le plus tendre et le meilleur du monde » 7, qu'elle n'était pas sans

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