A Sophie La Roche (Mein Schreibtiseh, II, p
7. A. S. Hirzel (inédit), 10 nov. 1762 : « Den kunftigen Gemahl von Mllc Bondeli kenne ich nicht, und Sie auch nicht. Er wird freilich Mann genug sein, weil sie ihres feuervollen Génies ungeachtet das sanfteste und gefalligste und beste Herz von der Welt hat. » Dans une autre L. du 30 oct. 1762, il l'appelle : « Ein zweiter weiblicher Plato, ein Engel von Schônheit und Tugend und eine ungemein tiefe Metaphysikerin. »
avoir aimé et souffert J, elle se prêta, comme on imagine, fût-ce avec réticence, à l'enthousiasme du jeune Allemand, qui déjà lui attribuait « toutes les qualités, la beauté à part, qu'il avait admirées isolément chez ses autres maîtresses, » le charme de l'esprit, l'égalité d'humeur, la gaîté la plus enjouée, la plus grande simplicité morale, comme il ne l'avait jamais rencontrée, sans parler de l'intelligence la plus éclairée 2.
Dès lors, il s'attache à elle, il ne la quitte plus. Vivre dans la même ville qu'elle, c'est maintenant pour lui « plus que le bonheur d'être roi ». C'est un sentiment « qui ne changera plus », déclare-t-il imperturbablement dès le mois d'août3. Que Julie soit femme de génie, qui déteste toute apparence de passion exaltée et fanatique, et qui ne veut « que des amis » 4, cela n'est pas pour le tenir à distance. N'est-ce pas son fort d'offrir un amour qui soit aussi de l'amitié, ou une amitié qui soit aussi de l'amour? « Je suis en cette matière unique de mon espèce, et j'ai la fierté de croire que rien ne se rapproche plus de l'amour des esprits que ma façon d'aimer... A tout prendre, je suis le seul homme que Julie n'aurait pas dû connaître, si elle avait dû ignorer un amour plus tendre, plus vif, plus intéressant que l'amitié, sans être moins sincère et constant. »
Il l'aimera donc à sa façon, « avec enthousiasme, puisque c'est ma nature, et elle, sans enthousiasme, pour la même raison ».
1. Dans la correspondance avec Zimmermann, il est fait allusion à une déception récente et à un penchant pour un « faiseur de droit des gens, dont les procédés honnêtes sont si soutenus, qu'il faudrait être bien bête pour ne pas lui donner la préférence sur un poète inconséquent» (Bodemann, p. 225). S'agirait-il de Kirchberger, qui fut conseiller d'ambassade au Danemark? Cet homme « d'une beauté remarquable et d'une rare intelligence » aurait, selon Zimmermann, méprisé en sa faveur les hommages des femmes de Berne (à Hirzel, 22 déc. 1762, inédit). Mais Julie, encore qu'elle passât pour être coquette « sur l'écorce de sa figure et de son Ion ■ (Bodemann, o. c, p. 259), écrivit à Rousseau en 1763 « la première lettre tendre de sa vie ». «Trente fois, en ma vie, j'ai voulu écrire des lettres tendres, toujours elles devenaient seulement spirituelles; hier j'ai voulu écrire une belle lettre spirituelle à Rousseau, et je restai tout émerveillée d'en avoir écrit une très tendre. Quel singulier accident! » (ibid., p. 260.)
2. A. Br. II, p. 98 ss. (8 sept. 1759). W. ajoute : « Dagegen ist sieeine Meisterin in der RoUe einer « petite Maîtresse », die sie zuweilen par principe spielt (wie die Gratin in les hures de Ninon au marquis de Sévigné), ihre fiir die grosse Welt allzu soliden Verdienste zu verbergen, in der Maske einer Torin ungeachtet durch den Schwarm der jungen Hrudersehaft der Mère des foux durch zupassieren. »