‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 210 sur 505 · A. Br. II, p · texte numérisé non relu

A. Br. II, p

3. Bodemann : Julie Bondeli, p. 243; cf. 283 : » Étant fort jeune encore, je me dis : Julie, mon enfant, ne te marie pas, tu seras libre, tu feras ce que tu voudras; n'ayant pas d'enfants, tu seras le centre unique de tes soins... Voilà ce que je me disais, et je disais vrai quant à l'état du mariage, mais je mentais comme un arracheur de dents, quant à l'état de fdle. »

Julie l'eût frustré du bien-être domestique en même temps que de la poésie. « Si j'avais épousé Julie, déclare Wieland plus tard à Bôttiger, je ne crois pas que je serais devenu jamais, dans la satisfaction que j'aurais eue à vivre avec elle, l'écrivain que je suis 1. » Elle n'en fut pas moins violemment ébranlée par sa désillusion. Si elle eut, au sortir de la crise nerveuse qui mit sa vie en danger, la générosité de pardonner autant qu'il dépendait d'elle 2, elle n'eut garde cependant, lorsque, à la suite de nouvelles tribulations, le chancelier de Biberach essaya de se rapprocher d'elle 3, de prêter l'oreille à des explications auxquelles elle ne pouvait rien comprendre. La conduite de Wieland lui était désormais un problème moral dont la solution ne pouvait se trouver que dans l'autre monde; « elle en était pour sa part trop excédée en celui-ci pour s'en informer dans l'autre »4. Elle avait vu Wieland tour à tour « dans l'éther et dans l'abîme », jamais sur terre, sauf quand il visait à l'imitation socratique, et « Dieu le préserve, lui et ses amis, de ce ton-là ! » 5 Aussi ne le mit-elle pas à l'épreuve à nouveau lorsque, quand elle perdit son père, Wieland se crut tenu è lui offrir, mais avec quelle réticence, une réparation 6.

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