Bodemann : Julie Bondeli, p
ij. A Bôttiger (Raumer, p. 404) W. avoue qu'il n'a pas eu, à la mort du père de Julie, le courage de vivre avec elle dans la gêne. Julie se retira avec sa mère et sa sœur Charlotte à Kœnitz, on elle vécut d'une rente modique (d'après une L. inédite de Zimmermann à S. Hirzel, 22 déc. 1762).
Ayant ainsi vérifié « que la vertu doit avoir son point de médiocrité, et qu'outrepasser ce point, c'est s'exposer à des punitions d'autant plus cruelles qu'on ne sait pas pourquoi on les a méritées » 1, Julie suivit désormais avec plus d'intérêt que de ressentiment « l'histoire philosophique », dont Wieland était le « livre vivant » 2, et à laquelle les lettres de Sophie fournissaient le commentaire. Ces deux femmes se trouvaient en effet rapprochées par l'infidélité de leur fiancé commun. Plus pénétrante, Julie voit mieux que, chez Wieland, « la conduite n'est rien et que la tète fait tout »3. Don Sylvio lui fera pourtant craindre de s'être laissé abuser de nouveau par le « maudit esprit philosophique »4. Elle saura tout de même tenir compte à l'auteur de ce « caractère de vérité qu'il met dans les choses que les plus honnêtes gens aiment à cacher »s. Alors que Sophie ne se consolait pas de ne plus être la muse qui avait éveillé le poète, Julie reconnaissait son erreur de s'être fiée à son esprit socratique. Sur la tombe de Julie, c'est Sophie qui viendra s'incliner et recueillir les reliques 6. De loin, Wieland se souviendra seulement « qu'il n'y avait qu'une Julie au monde, et qu'il n'y en aura pas de sitôt une seconde » 7.
« Mon amour pour Séréna m'a autrefois inspiré le poème de la Nature : n'attendez pas moins de l'inspiration de Julie qui, plus ou autant que la fameuse Grecque, mérite d'être appelée la dixième muse ou la quatrième grâce. Elle l'est pour moi et c'est assez. Mais ne comptez pas sur des vers ni sur des hexamètres ! 8 » Une con-