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faut cette échappatoire, car son prétendu amour reste soumis à la raison; il est affaire de délibérations, il a besoin de garanties.
J'agis avec justice et générosité, je maîtrise mes passions, et je suis moi-même malheureux... 0 vertu! combien ton charme est puissant, combien ta beauté est irrésistible, pour que tu paraisses d'autant plus digne d'être aimée que l'on souffre davantage pour toi!... '
Mais comment souffrirait-il? Il est venu en arbitre, il repart en triomphateur, « laissant derrière lui un ange gardien qui veillera sur lui dans le labyrinthe de cette vie » :
Souvenez-vous dans votre retraite de celui qui a pu renoncer à vous pour l'amour de votre âme. Nos confessions nous ont séparés, mais un monde meilleur nous réunira... Le souvenir de votre piété m'incitera à vivre de façon à mériter de vous revoir dans votre céleste séjour 2.
Si la raison se laisse fléchir, ce n'est que sous la poussée du cœur; rien de moins passionné, de plus froidement emphatique que l'assaut de générosité qui couvre l'égoïsme spirituel. Du moins ne comporte-t-il pas de discrimination entre la discipline catholique et l'autonomisme protestant. Tout comme Grandison en impose aux milieux aristocratiques et même à l'évêque italien, il s'incline de son côté devant une foi qui commande une telle abnégation, et qui est capable de transfigurer ainsi la jeune mystique. La religion qui sépare les consciences rapproche les âmes. « Nous sommes tous honnêtes, pourquoi faut-il que nous soyions malheureux? » demande la mère de Clémentine 3. Poser la question, c'était annoncer le drame de la tolérance, dont se chargera Lessing4. Que Wieland ait effleuré le sujet, c'est sans doute l'effet du climat bernois, comme il le dit à Bodmer 5.
Mais cet esprit de concession, en enlevant à l'action son premier mobile, ne laisse à la pièce qu'un intérêt d'édification. La sympathie se refuse à des personnages trop « vertueux » pour souffrir,