‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 23 sur 505 · CHAPITRE II TUBINGEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE II TUBINGEN

Pas plus qu'à Erfurt, Wieland ne se résigna, à Tubingen, à des études universitaires 1. A la faveur d'une fondation de famille, il avait été accueilli au Hochmannianum, un institut établi dans un cloître désaffecté, alors administré par le professeur Johann Gottlieb Faber, qui, avec l'histoire, enseignait l'éloquence et la poésie 2. Les circonstances semblaient ainsi favoriser sa vocation. Sacrifiant aux tendances nouvelles, Faber présidait, en effet, à un petit cénacle littéraire, une de ces sociétés allemandes qui se proposaient de ranimer le goût des belles lettres et de cultiver la langue. Ce n'était pas sans mérite à cette université souabe, qui, comme raillait un de ses anciens étudiants3, pouvait

se vanter d'avoir produit fort peu de cerveaux brûlés : philosophes, ma iciens, mat] ématiciens, poètes et autres individus de cette dangereuse espèce..., tandis qu'elle avait à se prévaloir de ses casuistes. grammairiens, chronolo^ istes, léc istes et orthodoxes 4.

Tout de même, Wieland se plaindra de la barbarie de ses compatriotes : « On tient un poète pour un oisif inutile, un philosophe

1. Rai m k h. p. 389; A. I'.r., !,p. 50. W. fut immatriculé le 30 oct. K50 (Walter, p. 20).

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