‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 235 sur 505 · Hassencamp, p. 46, 60 s · texte numérisé non relu

Hassencamp, p. 46, 60 s

.".. Bodf.mann, Julie Bondeli, p. 270.

BIBERACH ET WARTHAUSEN 245

requises ! Et quel « toile » à Biberach, où les deux partis sont toujours en alerte ! Le plus simple serait sans doute que Christine changeât de religion, s'il n'y avait sa mère, « abrutie par la religion la plus effrénée ». Après des démarches inconsidérées pour enlever Christine de son couvent, Wieland, afin d'éviter le scandale prêt à éclater, s'en remet aux soins de l'archiprêtre catholique, qui lui prend la promesse de « ne plus rien tenter, de ne plus correspondre, et de se laisser guider absolument ».

L'abandon, par conséquent. Au moins peut-il apaiser sa conscience par le sacrifice qu'il croit faire à la tranquillité de ses parents 1. « Mon père ! Ma mère ! Je ne soutiens pas cette idée ! » Tant pis « pour la chère petite créature », si elle a pour mère « une canaille que la superstition rend sourde à la voix de la nature, de l'honneur, de l'intérêt même »; « Christine, si digne d'autres parents et d'un meilleur sort », n'aura qu'à s'en prendre « aux auteurs de son être ». Quant à lui, il n'a été au fond, il s'en persuade, qu'imprudent : « Jamais faiblesse humaine n'a précipité un honnête homme dans un embarras égal au mien... » « Mon dessein était toujours d'en agir honnêtement avec la fille... Je croyais être toujours le maître de l'épouser... Je ne vois que trop bien que, même l'extrême délicatesse des circonstances où j'étais, rien ne me lave du reproche d'une imprudence impardonnable; mais les reproches ne servent à présent qu'au désespoir2. » N'est-il pas la première victime des « maudites circonstances qui font pécher les honnêtes gens »? Ayant revu Christine, malgré sa promesse, dans le village écarté où elle attendait sa délivrance, il se sent soulagé par la résignation, qu'elle lui témoigne, à se sacrifier « à un amant bien digne de ce sacrifice ». Pour l'enfant, « à la grâce de Dieu! Il a tant secouru de faquins qu'il faudrait avoir bien mauvaise opinion de soi-même pour désespérer entièrement !»

L'important, c'est que l'orage prêt à éclater ait été évité grâce à von Hillern et à Cateau. Tout avait été mené avec « tant de dexté-

1. Hassencamp, p. 88 : « Au même moment où je donnerais ma propre vie pour cette chère petite créature, je la voudrais morte pour épargner à mon père le chagrin mortel qui le dévorerait, s'il apprendrait (!) un jour que j'ai un enfant catholique. ■

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