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rite et de bonheur », que « le pasteur n'en a pas su le mot », et que la mère de Wieland put rendre grâce au ciel de conserver l'espoir de voir son fils marié bientôt à une « fille pieuse et riche au surplus ». « Pour tout le monde, c'est une affaire finie, et je n'y contredirai certainement pas! » Wieland n'attendait plus que la naissance d'une petite fille pour « en finir avec Christine et ses gens » 1. Lorsque, plus tard, la jeune mère, qui gagnait à Augsburg la vie de son enfant, essaya de le revoir à l'occasion d'un voyage à Biberach, Wieland lui ferma sa porte. Au reçu du « sot billet » qu'elle lui avait envoyé, il regretta seulement que « le temps n'eût pas ajouté un grain de réflexion au peu d'esprit de cette pauvre créature » 2. Il n'était pas d'humeur à ajouter un second tome à ses « folies passées »3. Il ne voulut donc plus entendre parler d'elle.
Il ne tint pas à lui de faire pire sottise en épousant Cateau, devenue veuve, alors que celle-ci espérait encore l'avoir pour gendre 4. Fort heureusement, il se trouva à point la fille d'un commerçant décédé d'Augsburg, Dorothée Hillenbrand, pour mettre un terme à ses tribulations. Il la prit, des mains de Sophie et de
1. L'enfant vint au monde en mars 1764; elle fut baptisée, comme dit Julie,
iur l'amour de la musique, cause première de son existence; Sophie pour l'amour de Mme La Roche, et Christine pour l'amour de sa mère et de M"" Ilillern. (Bodemann : Julie Bondeli, p. 290.) D'après Eodemann (art. cité de « Nord und Sud »), elle n'aurait pas vècv
2. Hassencàmp, p. 101. Après avoir travaillé à Augsburg:. Christine Hagel aurait épousé en 1767 un greffier militaire, avec lequel elle aurait quitté le pays il: va»»).
3. Hassencàmp, p. 102. Julie Bondeli, tenue au courant par Sophie La Roche, se montra plus généreuse que Zimmermann à l'égard de W. Dans une L. transcrite par Bodmer, elle écrivait au médecin de Brugg : « Il a commis des imprudences, mais ces imprudences sont des fautes relatives et non des vices absolus... ; les circonstances ont fait éclater ce qui aurait pu être caché avec de la mauvaise foi vis-à-vis de la lille, et de l'hypocrisie vis-à-vis du public. »
4. Hassencàmp, p. 89; Raumer, p. 406 : « Die Frau von llillern halte eine Stieftochter und legte nun mit ihrem Mann den Plan an, mich aus der Si aweiz lia. h Biberach zuriick zu angeln und mit ihrer Tochter zu verheiraten. sa dass ich ihr Schwiegersohn und Anbeler zu gleicher Zeit vvûrde. » Le projet, semblet-il, fut remis sur e tapis après l'alfaire de Bibi. L'année suivante, llillem mourut, et W., en dépit des avertissements de Sophie, tenant Cateau • pour la plus sensée, la plus juste et la plus généreuse des femmes «, demanda sa main, que Cateau eut la vanité de lui refuser, afin de ne pas déchoir. Elle mena une vie d'aventures, gaspilla ses biens et mourut misérablement à Augsburg en 1800. (Werner, Wiirt. Vierteljrsh., 1913, p. 247.)
BIBERACH ET WARTHAUSEN 247
sa mère, presque les yeux fermés K « Vous savez, il n'est pas ordinairement question du goût et de l'inclination de la fille; tant pis pour elle et pour l'époux, si l'amour ne vient pas après les noces » 2. Or il vint, ou du moins, en guise d'amour, un sentiment sage et d'autant plus solide qu'il n'avait rien à craindre des sautes de l'imagination. « Une bonne enfant, qui n'a et n'aura jamais rien de brillant, mais qui, sous les ailes de ma tendresse et de votre amitié, développera des vertus domestiques, et cela me suffit » 3, comme il écrivait à Sophie peu après son mariage. « Naturellement bornée et peu vive », « sans autre instruction que la Bible et l'aJmanach », Dorothée était « d'un esprit naïf, d'une sensibilité de cœur qui s'exprimait par le langage universel du sentiment d'une manière vraiment délicieuse pour un cœur comme le mien »4. Elle lui parut bientôt « la seule femme (je ne dis pas maîtresse) qui lui convînt ». Un an ne s'était pas écoulé, qu'il la considérait avec l'attendrissement d'Horace pour celle à qui il adressait Age, nunc,
1. Hassencamp, p. 120 ss. ; D. Br., I. p. 24 s., 29. — Le mariage l'ut provoqué par relui d'un cousin nommé Kick, qui épousa une sœur de Dorothée. Bien que d'une famille de dix enfants, elle apporta une assez jolie dot. « Sie ist nient reich, ob sie gleich mit der Zeit von ihren Eltern so viel zu erwarten haben mag, als sic nôtig haben kônnte, wenn sie Wittfrau wurde. » La mère de Dorothée était remariée à un certain Lomer, qui mourut un an après le mariage de W., « au grand contentement » de celui-ci. Hassencamp, p. 151.