Ib., p
4. L. non datée à Sophie. Hassencamp, p. 122 ss. : « Naturellement bornée et peu vive, la sorte d'éducation, qu'on lui a donnée, a laissé son âme dans une espèce d'enfance, dont elle ne sortira que par des degrés imperceptibles; non seulement il faut lui donner des idées, et lui apprendre à penser; il faut aussi qu'elle apprenne à parler; car la bonne fille ne sait de notre langue que ce qu'elle a pu apprendre au sein d'une famille où il n'est guère d'autre lection que celle de la Bible et de l'almanach. Ne craignez cependant que cela lui fasse du tort auprès de moi; telle qu'elle est, je l'aime; je suis content; je n'ai pas besoin de philosophie et du socratisme pour l'être...; elle se prête sans qu'il y paraisse ni art ni gène à mes goûts, à mon humeur, à ma façon d'être... Le goût extrême que j'ai toujours eu... pour la simple nature, les habitudes que mon cœur a pris là-dessus par la passion que j'ai eu (!) si longtemps pour « la pauvre Bibi »... enfin la révolution arrivée depuis bien du temps dans toute ma façon de penser sur bien des choses, tout cela m'a disposé de longue main à être heureux de la façon dont je le suis... Le degré de perfection morale dont elle est capable est borné, mais pourvu qu'elle y arrive. » Cf. D. Br., I, p. 24 : « Ich habe ein Weib gtthommen, oder eigentlicher zu reden, ein Weibchen, denn es ist ein kleines, wiewoh] in meinen Augen ganz artiges, liebenswiirdiges Geschôpf, das ich mir, ich weiss selbst nicht réélit wie. von meinen Eltern und guten Freunden habe beilegen lassen... »
meorum finis amorum, ajoutant, dans la même lettre à Zimmermann : « vous ne sauriez croire combien cette idée m'est agréable » K La vie avait eu raison de la chimère, et Wieland ne s'en plaignit pas. Sans demander à sa femme plus qu'elle ne pouvait lui donner (« de l'esprit, j'en ai tant et tant dans mes livres, et pour parler vrai, j'en suis si rassasié que, même dans les livres, je n'aime plus que le vrai et le naturel »), il n'en savoure que mieux le bon pain de ménage, au point qu'il ne quittera plus le nid conjugal « sans éprouver quelque chose de la nostalgie du Suisse ». C'était le régime domestique dont sa tête avait besoin. Dorothée était sa Seelenapolheke. Il pouvait se féliciter « de la bonne philosophie du vieux Lucrèce, et du moderne Saint-Evremond, qui m'a appris les maximes que je mets en œuvre, et dont je me trouve si bien ! Je deviendrai raisonnable, même peu à peu passablement bête, mais, en récompense, je serai plus heureux, j'en dormirai mieux, et j'en vivrai peut-être plus longtemps » 2. Si sa femme ne lut jamais une ligne de ses œuvres, elle lui donna quatorze enfants3.