En voici la liste, d'après Werner, art. cit. p
1° Sophie, née à Biberach le 19 oct. 1768: elle épousa en 1 7 s .". le philosophe Reinhold, à léna. Elle mourut en 1837.
2° Caroline, née à Erfurt, le 11 mai 1770. mariée en 1 7SS an pasteur Schorcht, morte en 1851.
3° Dorothée, née à Erfurt, le y juin 1771, morte à Weimar, le 7 mars 1 7 7 y .
4° Amalia, née à Weimar, le 14 avril 17 73. mariée au pasteur Liebeskind, à Osmannstedt. puis remariée avec Fr. Erler, à Eckersdorf, en Silésie; morte en
5° Charlotte, née à Weimar, le 21 mars 1774, mariée en 1795 à Heinrich Gessner, à Zurich; morte en 1816.
6° Cari, né à Weimar le 18 sept. 1776, mort la même année le 5 nov.
7° Ludwig, né à Weimar le 2 oct. 1777, mort à léna en 1819.
8° Cari Friedrich, né à Weimar le 7 déc. 1778, mort à Weimar en 1856.
9° Philipp, né à Weimar le 20 janv. 1780, mort en 1794.
10" Wilhelm August, né à Weimar le 2 févr. 1781, mort en 1865.
11° Julie, née à Weimar le 27 mars 1782, mariée à K. Wilh. Stichling, président de chambre à Weimar; morte en 1809.
12° Wilhelmine Johanna Friederike, née à Weimar le 7 juill. 1783, morte à Osmannstedt, 1798.
13° Auguste Friederike, née à Weimar en juill. 1786, morte en 1787.
14° Luise, née à Weimar le 3 mai 1789, mariée à Gustav Emminghaus, morte en 1815.
Aucun fils ne laissa de descendant mâle, le fils unique du troisième, Cari Friedrich, étant mort comme étudiant à l'âge de vingt-quatre ans.
BIBERACH ET WARTHAUSEN 249
Ainsi, au terme de sa quête sentimentale, le « nouvel Amadis » se retirait dans le jardin de sa rêverie, assuré contre de nouvelles tentations. Avait-il regardé ses déesses de jadis seulement avec les yeux de ses livres, il voyait, par contre, chez sa femme, l'humble dévouement, qui lui apparaissait maintenant comme la vertu même de son sexe 1. Devant elle s'effaçait peu à peu le prestige romanesque de Sophie, qui avait sauvé son imagination poétique de l'enlisement de Biberach. Car, établie au château de Warthausen, la « belle Missous » avait retrouvé tout son ascendant et soutenu son génie. Sa bonne étoile avait accordé à Wieland, à la place de Julie, qu'il avait abandonnée, la sollicitude toujours prête de la muse qui avait décidé de sa vocation et inspiré son idéalisme moral. « Vous serez la dépositaire des secrets de mon âme... J'ai besoin d'une amie comme vous 2. »
Un an après son propre retour, Sophie était en effet arrivée à Warthausen, à la suite du comte de Stadion, qui quittait le service de l'Électeur de Mayence. Privée de la vie de cour, dont elle rapportait « un soupçon d'air », elle se promettait, des relations avec son cousin, quelque diversion à la monotonie de sa nouvelle résidence campagnarde3. Ne gardait-elle pas dans sa sagesse mondaine un arrière-goùt de cette ferveur spirituelle, dans laquelle l'avait entraînée l'enthousiaste fiancé? Son sentimentalisme ne s'était pas si domestiqué, civilisé au point qu'il n'aspirât encore au « sauvage » de l'imagination, à 1' « enchantement » de l'intimité d'autrefois. Chez son cousin, qui se disait dépossédé de la baguette magique, elle ne désespérait pas de ranimer la flamme poétique : « Vous êtes destinée de me rendre mon esprit