Hassencamp, p
7. Cf. HA-i-.FNc.AMP, p. 149; Horn, p. 42 (datée faussement de 1762. vraisemblablement de 1764).
8. Cf. H. Asmus : Georg Michael de La Roche, Ein Beitrag zur Oesch. d. Aufklarung, Karlsruhe, 1899. La Roche serait le fils naturel du comte de Stadion et d'une mère appartenant à une famille de Metz, de qui il tiendrait son nom. Son père putatif, du nom de Franck, chirurgien à Tauberbischofsheim, mourut avant sa naissance, alors que le comte de Stadion était administrateur de
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un ami sûr, pour l'initier au train du monde et au maniement des affaires. Car, avant de gérer les biens du comte de Stadion, qui ne figurait qu'un père adoptif pour lui \ La Roche avait été associé à sa vie politique; il avait pris sa part dans les charges du gouvernement. 11 s'était trouvé dans les coulisses de la diplomatie mayençaise, dont on connaît l'activité; il avait eu à remplir des missions délicates. A l'école de Stadion, il s'était pénétré d'ironie voltairienne et de positivisme administratif. Obligé par sa naissance irrégulière de s'effacer dans un service strict, en marge d'une famille qui le tenait à distance et dont il soignait les intérêts, il ne se soutenait que par son mérite et la confiance du comte. Aussi se retranchait-il dans un stoïcisme désabusé, dans une honnêteté grave, appliquée au bien et aux tâches qui lui incombaient. D'où son souci d'ordonner sa maison et de s'assurer d'une compagne, capable par ses talents de favoriser sa carrière. Avec ménagement, il avait redressé l'esprit chimérique de Sophie; il avait contenu sa sentimentalité religieuse par l'autorité de son expérience et de sa pensée. Il avait fait d'elle, comme elle dit : « la femme de son mari », « la plus profane des femmes ». Son imagination littéraire, La Roche l'avait cultivée en vue de la société et de l'agrément du comte, au risque de l'infléchir à la frivolité de l'information journalistique. A Sophie revenait la charge d'alimenter la conversation de la table du comte, d'animer le salon 2. Elle en devint un peu plus livresque, tint boutique de nouveautés, sinon d'esprit, gagnant en habileté, en observation morale et en « sens commun ». C'est ainsi qu'elle pourra passer pour une manière de « génie moral », et exercer un patronage sur des écrivains d'une toute autre classe, comme Heinse, George Jacobi, Gcethe lui-même.
cette ville (1720). On connaît les conditions de son adoption par le (-imite de Stadion par W. (Raumer, p. 3«5 ss.), Sophie La Roche (Melusinens Sommernbende), par Bettina (Die Gûnderode [n el [, p. 214 ss.), Gœthe (Dicht. u. Wahrh. L. 13).
1. La Roche avait l'ait ses études en par'.ic ., Nancy e( à Lunéville.
2. Melusinens Sommerabende, préface : Eigen war es doch, dass ich dièses 15 Jalire geiibte Talent, Ausziige aus Bùchern zu machen und anzuwenden, nie zu Beobachtungen und Nachahmung des eigentlichen Wesens der grossen Wrii gebrauchte... Was die Franzosen finesse nennen, und eine andere Crabe des Geistes, die man Witz nennt, knnnte ich niemals Malien nnd suchen. -
Auparavant, c'est Wieland qui eut le bénéfice de cette culture mondaine, laquelle, sous des dehors galants et un scepticisme badin, développait l'audace critique et le libéralisme moral. En La Roche, il eut l'exemple d'un n honnête homme », qui en imposait par la dignité de sa vie et par sa générosité l. Ce rationaliste osera affronter la fureur des moines et jouer sa situation dans la partie engagée par le gouvernement de l'archevêque de Trêves contre son propre clergé. Le portrait, sans doute idéalisé, que Sophie trace de son mari dans son roman Fràulein von Sternheim est confirmé par Wieland, lorsqu'il présente La Roche à Salomon Gessner comme « un homme qui, avec la plus parfaite connaissance des hommes, possédait une vaste érudition et tous les avantages que Shaftesbury réclame de son virtuose... Un maître dans les arts, qui a difficilement son égal dans les affaires de cabinet et la pratique de la vie : dans toute la portée du terme, un honnête homme, généreux, philosophe; son cœur est sensible au plaisir de faire le bien; il est fait pour l'amitié et tout sentiment qui honore la nature humaine » 3.
Ce qui agit sur Wieland, c'est, avant tout, la personnalité de La Roche, par ce qu'elle avait d'indépendant et de solide, de résignation et de courage tranquille. Par lui, il comprit mieux Voltaire et Helvétius, et s'initia aux problèmes économiques. S'il se sentait parfois irrité par « cette raison toujours unie et égale à elle-même, qui regardait comme une folie ce que nous appelons sentiment »4, — un peu de la gêne du Tasse devant Antonio — il ne tarda pas à surmonter celle-ci par l'estime et l'admiration. « Mon cœur me dira que j'en suis digne (de son amitié), ou bien je me détesterai moi-même5. » Sans La Roche, Wieland aurait-il conçu son Aristippe, son Diogène, son Danichmende ou son Démocrite? Passée la crise sentimentale, il lui soumettra plutôt
1. Die Giinderode (Insel), II, p. 41 : « Ich glaube, tlass man auf dem Grossvater seine Weise die tiefste Philosophie erwerbe..., nàmlich die Vereinigungder tiefsten, Erkenntnis mit dem tatigen Leben. »
2. Edit. Riddebhoff, p. 122. Cf. Hosaliens Briefe, IV (Rosalie und Cleberg auf dem Lande), où La Roche ligure smis le nom de Georg Franck.