‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 241 sur 505 · lb., p · texte numérisé non relu

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BIBERACH ET WARTHAUSEN 253

qu'à Sophie ses projets littéraires 1. C'est de lui qu'il prendra ■conseil pour son action philosophique d'Erfurt2.

Par ses amis La Roche, Wieland eut libre accès au « château gaillard », qui se dressait au-dessus de la vallée comme un séjour « enchanté », au milieu de ses hautes frondaisons aristocratiques. Au vrai, une gentilhommière qui conservait, après sa restauration, assez fière allure, avec sa façade renaissance, dont la noblesse se dissimulait sous le lierre et s'accommodait de deux avancées plus modestes, dont l'une abritait la galerie de tableaux et la bibliothèque, tandis que dans l'autre était aménagé l'appartement des La Roche, ouvrant sur le parc à l'anglaise qui s'élevait jusqu'à une terrasse, d'où l'on découvrait les Alpes. L'intérieur avait été confortablement installé pour la retraite de l'ancien ministre de Mayence qui, à soixante-douze ans, avait encore grande figure dans sa « simplicité de seigneur anglais » et « avec le feu d'un Français de cinquante ans » 3.

Pendant une vingtaine d'années, Friedrich de Stadion avait gouverné l'État archi-épiscopal avec une largeur de vue, une indépendance, dont la cour d'Emmerich Joseph de Breidbach allait bénéficier. Il n'avait pas craint d'entamer les réformes nécessaires, sécularisant l'enseignement, luttant contre les privilèges des congrégations, modernisant les institutions et préparant le relèvement économique4. Mais ce disciple de Voltaire, qui « ne détestait rien au monde comme la superstition et l'intolérance » 8, s'était attiré sa disgrâce par l'appui donné au mouvement gallican 6. II avait néanmoins laissé derrière lui, pour continuer son œuvre, son colla-

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