I " mars 1761, Morgenblattl839, n
chancellerie et Biberach ; il sera le personnage que Wieland aurait voulu jouer sur un autre théâtre : « Je me peins moi-même, tel que je m'imagine dans les circonstances d'Agathon, et je le rends pour finir aussi heureux que je rêve de l'être 1. »
Si, de préférence à Xénophon, Horace ou Shaftesbury, c'est Shakespeare qui est choisi 2, ce n'est peut-être pas tant par goût que pour le profit que Wieland en espérait3. Ce qu'il connaissait de ses pièces par Bodmer n'avait pas, comme il semble, décidé de son admiration. Quand il affecte de mépriser Voltaire pour sa « manière impertinente » de parler de Shakespeare, et quand il dit aimer le dramaturge anglais « avec toutes ses fautes », il est permis de mettre en doute une impression qui se traduit par des formules toutes faites 4. Wieland ne déplore-t-il pas, dans une lettre postérieure, que Shakespeare n'ait pas vécu dans un siècle plus civilisé et qu'il ait dû condescendre à flatter le goût de la populace?5 Mais Daniel Sulzer, à qui il prêtait son édition, lui avait suggéré, dès 1758, l'idée d'une présentation de ce théâtre au public allemand à la façon du Père Brumoy pour le théâtre grec, par analyses et extraits. « Un tel traducteur acquerrait des titres à la gratitude du public 6. » Dans l'entourage de Tscharner, l'idée avait pu prendre consistance, d'autant plus que Lessing, après Nicolaï, venait d'insister sur l'intérêt que présentait pour l'Allemagne le dramaturge anglais 7.
Shakespeare était alors à l'ordre du jour. Avec l'influence anglaise, la curiosité de ce théâtre gagnait les lettrés. L'exemple était donné par la France, où, depuis les Lettres Anglaises, la discussion se poursuivait sur le caractère de ce drame, où Riccoboni, Destouches, l'abbé Prévost, avaient préparé l'entreprise