Voir (ii mjolf, p. 178 ss
jeu des ombres, la transposition de la vie dans le rêve, qui le retiennent et lui font goûter le « divertissement » dont il a besoin dans la prose quotidienne de la chancellerie. Shakespeare contribue « à monter » son esprit en vue de Warthausen, à lui communiquer ce qu'il lui fallait de verve, de légèreté et de désinvolture pour faire oublier sa condition. Il lui donne l'humeur enjouée de Don Sylvio, des Contes Comiques, même s'il n'agit pas directement sur leur conception 1.
Shakespeare pouvait-il être d'ailleurs plus qu'un libérateur de la fantaisie? Qu'ils le « sentent » autrement, les Gerstenberg, Herder ou Lenz n'en tireront pas davantage. Mais il appartient à Wieland d'avoir, par sa traduction, préparé la réaction de la génération prochaine. Ce n'est pas ce qu'il avait espéré de son effort considérable, que ne soutinrent ni le succès, ni la critique. Mais sa traduction était arrivée trop tôt. Aux uns, elle paraissait trop hardie2, risquant de dévoyer le théâtre allemand3; aux autres, elle ne suffirait bientôt plus, comme aux « méchants coxcombs du Schleswig »4, lesquels vont lui reprocher de n'avoir pas assez vu, dans ce théâtre ,« la peinture vivante de la nature morale ». Sans le viser, Wieland se trouva avoir provoqué cette levée de boucliers 5. Il eut cependant, dans la Dramaturgie de Hambourg, la réparation qu'il n'eût osé espérer6 :
Des critiques en ont dit beaucoup de mal; je suis tenté d'en dire beaucoup de bien... Un autre eût failli davantage par précipitation ou ignorance; mais ce qui est bien ne sera pas dépassé de si tôt... Il y a