‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 271 sur 505 · Lettre citée du 1er mars · texte numérisé non relu

Lettre citée du 1er mars

3. Cf. à Meister, A. Br., III, p. 386 : « Dies wirkte so ausserordentlich auf mich, dass in weniger als einem Jahre mein ganzes voriges Leben in der Schweiz mir wie ein schôner Traum vorkam, und dass ich mich aller meiner dortigen Freunde und Verbindungen nur wie abgeschiedener Seelen im Elysium erinnerte. »

W. A Zimmermann, 11 févr, 1763 (A. Br., II, p. 209).

la représentation, lui faisant comprendre la complexité de la vie morale. La petite dissertation de Julie sur « Le sens moral et l'esprit d'observation », distingue justement entre le mécanisme de l'entendement et le tact moral, qui est antérieur à tout raisonnement, étant affaire de sensibilité, « de mécanisme des nerfs ». Elle concluait :

Principes, éducation, habitudes, circonstances, mécanisme déterminé, variations momentanées, intérêt personnel, motifs secrets, tout concourt à établir un fait, et tout aide à le rendre dissemblable à un autre : l'harmonie des causes qui l'ont produit, quoique vraie et existante, ne peut cependant se déterminer à la rigueur... Notre intelligence n'étant pas suffisante pour nous conduire avec sûreté dans ce labyrinthe moral, il fallait pour ne pas nous égarer un tact antérieur à tout raisonnement, qui nous indique la route 1...

Personne n'eût mieux fait saisira Wieland les principes d'Helvétius, dont il s'était emparé; personne ne pouvait mieux lui en inspirer l'application dans un roman, le seul genre d'ouvrage qu'il n'eût pas encore essayé, et qui, traité à la manière anglaise, dans l'esprit de Fielding notamment, réclamait une « tète philosophique ». N'était-ce pas d'ailleurs le moyen de conquérir un vaste public? 2 Toutefois, transposer la vie morale dans un processus intellectuel, faire dépendre des circonstances un développement dont le principe doit être dans l'âme, traduire en langage rationnel une expérience subjective, cela n'allait pas, même pour un esprit aussi spéculatif, sans de grandes difficultés. Il fallait d'abord être plus au clair avec soi-même que ne l'était Wieland. Aux hésitations dans l'élaboration se manifestent les variations dans la lumière de la conscience. On peut en juger par la genèse du roman.

Pour le premier Agathon, la composition s'est faite en deux étapes, séparées par un intervalle de trois ans 3. Elle s'arrête

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