‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 284 sur 505 · a. I,ch. I;c. I, ch. I (H. I, p · texte numérisé non relu

a. I,ch. I;c. I, ch. I (H. I, p

4. a. I, 10; c. I, 6 (H. I, p. 86) : « Ruhe und Psyché, dies allein, 0 Gôtterl Lorbeerkranze und Schatze gebet, wem Ihr wollt I... »

vain songe, inconsistant et incohérent? Pourquoi l'ordre qui règne dans la nature, n'existe-t-il pas dans la vie morale? Tant que le sentiment n'est pas en cause, qu'il lui est loisible de transporter dans l'avenir ou le passé ses vœux insatisfaits, Agathon n'a pas à s'émouvoir du présent *.

La controverse avec Hippias n'a encore que l'intérêt d'une joute dialectique, qui laisse la foi hors de cause. Dans la somptueuse demeure du sophiste, Agathon se retranche dans son immunité d'esclave. Il peut rester à l'écart du luxe et des plaisirs; loin d'être tenté, il s'en trouve fortifié dans son opposition. Cette élégance qui s'entoure des agréments de la civilisation, cette recherche de formes délicates pour en orner l'existence, cette évocation subtile de la volupté par l'art, rien dans tout cela qui puisse surprendre son goût formé à Athènes au commerce des véritables artistes et des philosophes. Sur l'esthète exigeant, dont les nerfs usés ont besoin d'être flattés par des impressions exquises, Agathon a l'avantage de sa jeunesse et de son enthousiasme. Alors qu'Hippias épuise les raffinements de la sensualité, Agathon ne cultive que l'émotion spirituelle, à laquelle président « les muses et les grâces » 2. Si, pour Hippias, la beauté est une excitation au plaisir, ou un charme ajouté à la nature, elle est, pour Agathon, évocatrice de joies sereines et pures. Il fuit le chant des sirènes dans le recueillement nocturne du parc, propice au rêve 3, il se procure des enchantements auxquels n'atteignent pas les délices de ce « temple de la volupté ». Mais l'imagination ne s'en irrite pas moins des séductions qui l'assaillent, le disposant à se refuser ainsi à une sagesse qui les recommande.

Agathon ne connaît-il pas les arguments de cette raison empi-

1. Cf. la lettre à Bodmer du 1" oct. 1760 (A. Br. II, p. 145 ss.) : « Ach ! die glùcklichen Zeiten, die wir im Schosse der philosophischen Ruhe miteinander gelebt haben, sind fur mich auf ewig entflohen, dièse goldnen, der Weisheit gewidmeten Tage, dièse gluckliche Entfernung vom Getummel und den Geschâften der Welt, dièse Freiheit von Sorgen und Leidenschaften, dièse heilige Stille, worin sich unsere Seelen bald mit den Geistern verstorbener Weisen besprachen, bald in heiterer Entziickung den Eingebungen einer himmlischen Muse entgegen lauschten..., dièse dreimal gluckliche Zeit ist fur mich dahin und hal mil nichts als ein trauriges Andenken und vergebliches Bedauern zurùckgelassen. •

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