a. II, 6;c. II, 5 (H. I.p
2. Voir le discours préliminaire des œuvres philosophiques de La Mettrib (Londres, 1751).
3. a. II, 7; c. II. 6 (H. I, p. 107) : » Lass miel) immer ein Schwarmer sein, und sei Du ein Weiserl Die Natur hat Dir dièse Empfindlichkeit, dièse innerlichen Sinne versagt, die den Untersrhied zwisehen uns beiden machen. »
culture les satisfactions qu'Agathon croit trouver en soi-même, en communion avec Dieu.
Il ne faudrait pas affaiblir la position d'Hippias, comme on est tenté de le faire l. Sa philosophie de la vie ne serait peut-être pas désavouée par Helvétius ou par Diderot 2. Si elle fait du bonheur le but de l'existence, c'est en le proposant comme la perfection de la nature humaine, en le donnant pour la récompense du progrès social. Elle contient l'affranchissement et la revalorisation de l'existence; n'éliminant aucune des énergies créatrices, ni la passion, ni la générosité, ni même le désintéressement, elle les subordonne seulement aux intérêts pratiques. Elle rejette le fanatisme comme l'ascétisme, au nom de la vie. Elle admet la tendance au merveilleux, et n'interdit pas le jeu de l'illusion3, pourvu que l'imagination, qui doit embellir la vie, ne prétende pas la conduire4. Elle proteste contre l'anathème jeté par Rousseau à la civilisation, et contre la chimère d'un paradis primitif, afin de ne pas sacrifier le présent5.
A cette conception, Wieland était alors converti, même s'il la fait repousser par Agathon, ainsi qu'il l'avait fait lui-même à Zurich. C'est qu'elle apparaît, par l'application qu'en fait le sophiste, comme un immoralisme dangereux. Hippias ne la met-il pas au service de son égoïsme? Il s'en fait le masque d'un esprit de conduite qui met à profit les préjugés d'autrui « pour faire des hommes les instruments de ses desseins, en leur donnant à croire qu'il se met lui-même à leur service » 6. S'étant libéré de la loi morale, il ne se soumet pas davantage à la règle civile. Au lieu
1. Le développement dans a. III (vol. 2, p. 89 ss.) et H. I, p. 119 ss., sur la nature du plaisir et sa participation aux sentiments, s'inspire nettement de De l'Esprit, Discours III, ch. IX (De l'origine des passions) etch. XI (De l'ambition).