‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 290 sur 505 · a. IV, 1 ; c. IV, 2 (H. 1., p · texte numérisé non relu

a. IV, 1 ; c. IV, 2 (H. 1., p

2. Le modèle de Danaé, comme il a été indiqué, n"a pas à être recherché dans les sources antiques, dont W. fait étalage en 1 772, et pour lesquelles il lui suffisait de la citation d'Athénée, dans son Bayle (art. Léontium), à la rigueur de son Plutarque (Vie de Périclès). Il pouvait d'ailleurs connaître ■ La vie des belles Grecques a de Durand (Histoire des plus fameuses courtisanes de la C.rèee, 1712), ou telle autre anthologie galante.

et de Cyrus a appris à charmer sans se départir de son goût naturel. Elle se complaît aux grâces du plaisir tout en préservant son cœur de la perversité du siècle. Elle n'a que mépris pour les amants qui, dans leur fatuité, sont insensibles aux charmes de l'âme. Par son aptitude à spiritualiser la volupté, à goûter les émotions délicates qui parent le plaisir, elle l'emporte sur l'hédonisme plus étroit d'Hippias. Elle joue mieux son rôle en étant plus sensible.

Connaissant tous les détours du sentiment, elle se substitue, à la faveur d'un déguisement, à l'image de Psyché, au point d'éclipser jusqu'au souvenir de l'amie de Delphes, et de « transformer l'étrange jeune homme en un esprit aussi désincarné qu'il en fût jamais sous la lune » 2. Mais, comme « la beauté intellectuelle n'allume pas la passion, et que la vertu exerce son prestige plus par la blancheur et le contour d'un beau sein que par l'innocence (qui s'y reflète »3, elle conduit l'extase mystique à la passion; captant à la fois l'esprit, le cœur et les sens, elle métamorphose le platonique idéaliste en un véritable amant. C'est à peine s'il hésite lorsque l'occasion se présente, à la faveur d'une féerie que Danaé a machinée avec une science consommée. « Jamais ses sentiments n'avaient été plus purs, plus désintéressés, plus éthérés4».

Aussi longtemps que se maintient l'enchantement, Agathon n'a pas à justifier son bonheur. Sa raison, fascinée, échappe aux scrupules de la conscience. Il se trouve en état de grâce, dans l'apparente concordance du réel et de son idéal, de l'amour et des transports mystiques5. Même quand l'illusion commence à céder, elle

Page 1