a. IV, 6; c. IV, 7 (H. I, p
3. a. V, 1, p. 169. Passage supprimé à la demande de Jacobi (Roth I, p. 87). Voir la réponse de W., p. 97 s.
4. a. V, 4 s.; c. V, 2 s. (H. I, p. 174, 178). « Er liebte sie mit einer so uneigenniitzigen, so geistigen, so begierdenfreien Liebe, alsob sie eine Sylphide gewesea wâre, und der kiihnste Wunsch den er zu wagen fâhig war, warnur,in derjenigeu sympathelisilien Verbindung der Seelen mit ihr zu stehen, wovon ihm Psyché die Erfahrung gegeben hatte. »
5. Voir c. V, 3, le ch. intitulé : « Naturliche Gesch. der platonischen Liebe. » « Agathon, welcher gewohnt war, den Leib und die Seele aïs zwei verschicdene Wesen zu betrachten, und in dessen Augen Danae eine geraume Zeit nichts anders aïs, nach dem Ausdruck des Guidi, eine himmlische Schônheit in einem irdischen Schleier gewesen war, vermengte dièse beiden Wesen je langer je mehr in seiner Vorstellung miteinander, und er konnte es desto leichter, da in der Tat
se prête encore au jeu de l'imagination. Sans pénétrer dans le rôle de Danaé, Agathon s'y conforme; il y adapte son enthousiasme : « L'état des esprits désincarnés ne lui semblait plus aussi enviable depuis que, sans avoir dépouillé le corps, il goûtait, à contempler sa déesse, un ravissement qui dépassait ses extases *. » La beauté physique se spiritualise dans la mesure où la beauté morale se matérialise. Si bien que bientôt Agathon ne les sépare plus. La passion se donne l'excuse de la perfection de son objet. Elle y est aidée par Danaé, qui, de son côté, se règle sur son amant. Le remords n'apparaîtra qu'après la désillusion.
Contrairement à Araspe, Agathon n'a pas eu à lutter; il n'a pas été vaincu par la passion; il s'est trouvé « enchanté»2. Il n'a pas cédé à une impulsion aveugle, il a été fasciné par une flamme aussi pure que celle qui brillait dans son âme. Il a été transporté dans cet autre monde, qu'il oppose à celui d'Hippias; il ne se reproche donc rien, se croyant aussi innocent que Saint-Preux*. Insensiblement il s'était transformé, dans l'ambiance de Danaé, en un Aristippe pratique, tandis que la courtisane s'était mise au ton romantique de son esprit. Le platonicien se met à jouer à l'épicurien, comme la courtisane à jouer à la belle âme 4. Une situation d'idylle, dont le sophiste ne s'était pas avisé.
A l'apparition d'Hippias, le charme devait se rompre. Sans la naïveté, le badinage tombait au libertinage, la grâce se dégradait en coquetterie. De la délicieuse illusion, ne restait que le ridicule d'un travesti. Comment Agathon continuerait-il, sous le regard ironique, à tenir son rôle d'Adonis?6 Allait-il se renier et composer avec son adversaire? Car il ne pouvait plus se persuader qu'en aimant « la plus parfaite des créatures », il restait fidèle à son idéal, que son esprit y avait plus de part que ses sens. Aux yeux
aile korperliehen Schonheiten seiner Gôttin so beseelt und aile Schônheiten ihrer Seele so verkôrpert waren, dass es beinahe unmôglich war, sich die Einen ohne die Andern vorzustellen. »
5. a. VI, 1 : « Das Bewusstsein der Verwandlung, welchesieerlitten hatten, und die Furent vor dem komischen Ansehen, so ihnen dièse in den Augen des Sophisten geben môc.hte... »
qui la scrutent avec défiance, la beauté se fane; le bonheur se corrompt par la jouissance. Il fallait choisir : Danaé ou Psyché, si toutefois il en était temps encore, si la métamorphose dont le sophiste prenait avantage, n'avait pénétré jusqu'à l'âme l. Peutêtre n'avait-elle touché que la forme apparente du caractère, et marqué seulement les manières, le goût, la civilité. L'enthousiaste s'était en effet apprivoisé, était devenu un « honnête homme », d'abord élégant et de sentiments délicats 2. Son rigorisme s'était relâché en indulgence et en politesse, plié au badinage de la société. Agathon ne s'effarouchait plus des plaisirs, il supportait qu'une « nymphe au sein nu lui présentât la coupe pétillante qu'il vidait, mollement étendu sur des coussins persans ». Mais avait-il trahi ses principes? 3 II se flattait de ne goûter que des joies spirituelles, d'échapper à la passion trouble par la grâce et la fantaisie. La sensualité d'Hippias ne lui répugnait pas moins qu'autrefois...
Pourquoi alors l'image falote qui ressuscite dans sa conscience? Pourquoi l'évocation de Delphes, surgie comme un reproche? Au souvenir de cette félicité mystique d'alors, son bonheur présent se dépouillait de son prestige : « II lui semblait que son âme aspirait à cette paix céleste comme à son élément naturel 4. » N'a-t-il pas trompé son aspiration profonde par le charme esthétique?
Encore Agathon n'est-il pas sûr que cette aspiration soit mieux établie. Qu'il ait séparé de sa ferveur religieuse l'amour intellectuel du beau, du vrai, qu'il ait essayé de concilier la sensibilité et la raison dans une « virtuosité » de culture, Agathon, il le reconnaît, n'a fait que masquer l'antagonisme de ses « deux âmes ». Il s'est tranquillisé en considérant que Psyché n'avait eu sans doute d'autre rôle que celui de préparer son cœur aux qualités de l'incomparable Danaé 5. Mais il ne peut fixer son idéal dans cette forme accomplie, pas plus que sa vertu dans le bonheur arcadien.