‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 292 sur 505 · a. VI,4;c.VI,4 (H. I, p · texte numérisé non relu

a. VI,4;c.VI,4 (H. I, p

A l'exaltation doit succéder le désenchantement, dès que l'imagination, arrêtée dans son élan, revient en arrière. C'est sur cette inéluctable crise que s'arrête le fragment de 1762.

On conçoit que Wieland ait hésité à condamner sa jeunesse, tandis qu'il regrettait à Biberach sa fuite de Berne, qu'il se retrouvait « l'imagination éteinte, le cœur vide, le tempérament aigri, faute d'objets aimables, et irrité par des figures grimaçantes et odieuses qui l'entouraient » 1. Pouvait-il conduire son héros à plus de sagesse qu'il n'en avait lui-même, et l'amener à un équilibre qui lui manquait encore?... Que, pour Agathon, Danaé n'ait été qu'une séduisante aberration, elle n'en incarnait pas moins la beauté de la vie. A cette illusion s'attachait la conscience, dépossédée de son mystique royaume. « Ah Danaé! Si tu pouvais jamais cesser de m'aimer... Quelle détresse, si ton cœur me laissait supposer qu'un amour tel que le nôtre pourrait jamais finir! 2 » A la place de la passion, l'espoir, déjà vacillant, cherche un appui extérieur. Car ce n'est pas Danaé, « prête à le suivre dans une chaumière », qui l'inquiète; c'est en lui-même qu' Agathon porte le risque que la dénonciation brutale d'Hippias ne fera que préciser.

Pas plus que Psyché, Danaé n'est en effet en mesure de le retenir. Si l'une a ému sa rêverie par une inclination équivoque, l'autre a enchanté sa sensibilité par son art de courtisane. Que le voile diapré se dérobe, Agathon se retrouve partagé entre les deux illusions. C'est à quoi va servir la confession à laquelle il se sent porté.

C'est le procédé dont use Wieland pour souder le fragment de 1762 à la continuation4. Comme il donne à son héros une vision plus claire de sa nature, il motive la nouvelle attitude que l'auteur

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