‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 308 sur 505 · Horn, p · texte numérisé non relu

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2. Jacobi, dans une lettre à Sophie La Roche du 18 janv. 1772, espère que W. tirera de son édit. 3000 écus. (Roth I, p. 64.) Il fit paraître dans l'Erfurter Zeitung du 24 févr. 1772, une invitation à souscrire, de même que dans les Frankf. Gelehrt. Anz. (D. Lit. Denkm. 7-8, p. 175, 472, 657).

3. b, vol. I, p. 228 : W. promet dans une note de faire le départ entre le vrai et le faux dans l'argumentation d'Hippias. Il avait souligné (p. 120) qu'Hippias est athée; p. 88, il réprouve ses opinions politiques. Par contre la réfutation de la philosophie d'Hippias, annoncée dans la 1re édit., est passée sous silence.

4. L'éd. en 4 vol. sortit des presses de Reich, à Leipzig, à Pâques 1773. Malgré le concours de Jacobi et des collecteurs dévoués, tels queRiedelet Ring, on n'avait pu recueillir les 800 souscripteurs espérés. Parmi eux figuraient, en tête, Catherine de Russie, le margrave de Bade, celui de Darmstadt, la duchesse Amalie de Weimar, la princesse de Hollande. L'affaire avorta à cause, semble-t-il, du libraire auquel Jacobi s'était adressé, un nommé Barstecher de Clèves.

de l'ouvrage 1. Si l'idéalisme d'Agathon était amené à capituler devant la nature, celle-ci reprendrait l'avantage par le redressement de la vertu humiliée dans le milieu social; elle s'affirmerait plus forte que les circonstances qui l'avaient ternie, que l'art qui l'avait dégradée. La désillusion du héros se trouverait compensée par la conversion de l'hétaire, l'amertume philosophique estompée par le sentimentalisme d'une édifiante purification. C'est Danaé qui va prendre la charge de la vertu de son amant, lui imposant un renoncement dont il est moins capable que jamais; elle l'entraîne dans « l'amour supérieur » dont il est déjà revenu. Elle l'oblige à lui garder sa foi « comme à la vertu elle-même ».

Ce qui, chez Wieland, a pu motiver ce changement de lumière, se montrera plus tard. Parmi les circonstances qui ont favorisé le glissement de la raison critique dans l'illusion de la grâce morale, la moins importante n'est pas son voyage à Coblence, au cours duquel il avait repris contact avec Sophie, et s'était lié avec les Jacobi. La Nouvelle Héloïse s'était alors éclairée « comme un livre divin dont le siècle n'était pas digne » 2. Une bouffée d'enthousiasme était venue colorer la sagesse expérimentale qui, dans la première facture, avait déjoué le prestige religieux. Encore ce prestige avait-il assez résisté, comme on a vu, au démenti des faits, pour permettre un accommodement avec le charme sensuel, et voiler de nostalgie les griefs de l'amour-propre. Il suffira à Danaé d'un prétexte vertueux pour ranimer le sentiment et envelopper de beauté spirituelle les artifices de la coquetterie. L'élève d'Aspasie ne manquait pas de ressources pour éblouir l'impénitent idéaliste, qu'irritait la vérité du sophiste 3.

Danaé n'est-elle pas en droit d'user, aussi bien qu'Agathon, d'une pudique discrétion dans les révélations qu'elle lui fait de sa vie antérieure? Elle a, elle aussi, l'excuse des circonstances et le

1. Le motif de la courtisane réhabilitée était dans l'air depuis Manon Lescaut. W. l'a peut-être pris à la Nouvelle Héloïse. Il est possible que W. ait connu aussi la Courtisane de Smyrne, de Meunier de Querlon (Londres 1748), publiée à nouveau dans les « Impertinences innocentes » (Magdeburg 1761). W. semble y faire allusion dans le Vorbericht des Erzàhlungen de 1762. (A. I, p. 425.)

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