c. XIV, 6; XV, 2 (H. III, p
satisfait à sa tâche, elle juge bon de rétablir la distance de l'art à la vie, de prévenir les fausses vocations par son sacrifice à la loi sociale. De même que le poète des Contes s'élevait contre la licence de ses émules, et se refusait d' « admettre Sophie Hatzfeld dans le cortège de la Vénus morale », la jugeant tout au plus digne « de faire une Ninon » 1, Danaé fait réparation aux véritables Grâces, qu'elle doit à Agathon de connaître 2. A son tour, elle le conduit à « la plus belle des vertus, au renoncement » 3.
Soit qu'elle imite la Julie de la Nouvelle Héloïse, ou qu'elle se ressente du voisinage de Sophie von Sternheim, que Wieland était occupé à présenter au public, Danaé a changé de culte, sinon d'âme4. Elle donne l'exemple de la soumission après avoir donné celui de l'émancipation. Elle est devenue « une pénitente, éclairée par l'amour » 5. Dépassant l'étape de la grâce esthétique, marquée par Musarion, Danaé gravit la pente de la sanctification; elle fait son salut par la beauté morale. Mais, pour qu'elle y réussisse, pour qu'elle resplendisse d'un tel éclat, il faut que sa vertu ait eu l'initiation de la Vénus terrestre. Cela n'était pas pour éclairer Agathon sur son propre bonheur.
Plus hésitant encore, il ne peut que s'enfuir, afin de rester à l'égard de Danaé comme un frère. De ses pérégrinations, il ne revient pas beaucoup plus sage : « L'économie naturelle de l'humanité lui restait un problème 6. » La solution psychologique du roman